Californie - Côte Centrale

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Half Moon Bay

Au Sud de San Francisco, nous avons emprunté la fameuse Route 1. Elle longe l’époustouflante côte californienne et ses falaises déchiquetées qui subissent les assauts impitoyables de l’Océan Pacifique dans un spectacle à couper le souffle. Naturellement tortueuse tant elle épouse les formes de la côte, elle oblige chaque conducteur à lever le pied, profitant ainsi de ce panorama inoubliable.
Nous avons fait une première halte à Half Moon Bay, qui doit son nom à sa large plage de sable blond en forme de croissant. Une végétation variée tapisse de couleurs les falaises. Sauvage et solitaire, elle est surtout connue par les amoureux du surf pour son mondialement célèbre spot Mavericks et ses vagues immenses et dangereuses que seuls les plus aguerris et les plus téméraires viennent affronter.

Santa Cruz

Santa Cruz a également un lien étroit avec le surf. Et pour cause : c’est précisément dans cette petite ville côtière qu’à été importée cette discipline venue tout droit d’Hawaï. D’ailleurs, le Santa Cruz Surfing Museum retrace l’histoire de ce sport qui depuis s’est largement démocratisé de par le monde. D’autre part, c’est ici qu’ont été conçues les premières combinaisons. C’est à la marque O’Neill - qui porte le nom de son fondateur, un local – qu’en revient l’honneur et le mérite.
Les plages y sont à la fois très belles et tourmentées. Des falaises basses très escarpées recouvertes par endroits de fleurs aux couleurs vives subissent souvent la violence du vent marin et des vagues de l’océan.
La ville elle-même arbore quelques belles maisons Victoriennes du même style que celles de San Francisco. Cependant, ce sont bien ses adorables maisons de bois de styles très diversifiés qui lui confèrent ce cachet si particulier. La culture hippie y est bien présente, et vous y croiserez toutes sortes de gens excentriques, mais toujours agréables.
Santa Cruz est animée lors des weekends et des vacances scolaires, avec bien évidemment un pic de fréquentation en juillet-août. Mais si vous la visitez en dehors de ces périodes, vous la trouverez empreinte d’une nostalgie très prenante. Son succès est parti en désuétude il y a quelques décennies, et elle prend parfois des allures de ville fantôme. Sa voie ferrée est abandonnée et plus aucun train n’y passe. Son long wharf est centenaire, tout comme le boardwalk. Les vieilles attractions foraines subsistent, notamment ses vieux grands huit en bois, mais elles ont été peu à peu érodées sous les effets impitoyables de la brise marine. Une atmosphère étrange mais très agréable plane au-dessus de la plage et du boardwalk. On peut alors se prendre au jeu du voyage dans le temps et se laisser charmer : Santa Cruz, comme ses habitants, a un petit quelque chose de décalé et suranné qui la rend attachante. Elle parait hors du temps et hors du monde, ce qui la rend unique.


La Péninsule de Monterey

En faisant une halte à Monterey et ses alentours, j’ai poursuivi mon pèlerinage artistique entamé en 2013, que j’ai bien sûr partagé avec J.R. et notre ami : en effet, une partie de mon troisième roman «L’Hôtel du Crépuscule» s'y déroule. D’ailleurs, cet hôtel imaginaire qui a donné son nom à l'ouvrage s’élève sur une falaise au bord de l'Océan Pacifique à quelques kilomètres de cette ville côtière célèbre pour son Monterey Bay Aquarium, et surtout pour son fameux festival de jazz. Les autres attractions sont Cannery Row, le quartier des anciennes conserveries dépeint par John Steinbeck dans son roman portant le même nom, le Fisherman’s Wharf où abondent boutiques et restaurants, et ses nombreux bars qui proposent de la musique live. Ancien port de pêche, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même à cause d’une évidente surenchère touristique. On ne s’y attardera pas et on préférera visiter le reste de la péninsule, véritable merveille de la nature.
Pacific Grove se situe dans la continuité de Monterey. C’est une charmante petite ville résidentielle réservée à une population aisée. Point Piños Lighthouse est un vieux phare datant du milieu du 19ème siècle. Il s’intègre parfaitement dans le superbe paysage de la baie. Il n’est plus en activité, mais on peut visiter son rez-de-chaussée.
C’est à Pebble Beach (photo) que commence l’extraordinaire route côtière 17-Mile Drive. Certes, l’accès est payant (plus de $10 par véhicule), mais nous ne l’avons pas regretté tant la succession de panoramas grandioses qui se présentaient à nous était à couper le souffle. La forêt de cyprès et les plages sont parfaitement préservées. Les vagues du Pacifique viennent déferler sur le sable blanc et les rochers dont certains sont dressés vers le ciel. La verdure de très beaux parcours de golf mondialement connus vient s’intégrer au paysage. Il est difficile de ne pas succomber à l’émerveillement, ce qui nous amène à faire de nombreuses haltes. Celle de Lone Cypress est bien entendu inévitable : comme le nom l’indique, un cyprès solitaire et torturé par les vents successifs se dresse fièrement sur un promontoire rocheux dans les eaux tourmentées. Il s’agit de l’une des images d'Épinal de la côte californienne.



Carmel-by-the-sea

Le 17-Mile Drive se termine à l’entrée de cette petite ville côtière enchanteresse aux magnifiques plages de sable blanc. D’adorables maisons pétries de charmes se dressent au milieu des cyprès et des eucalyptus. Le sens de l’harmonie et de la perfection y est tellement poussé que la signalisation, les enseignes lumineuses ou les affiches publicitaires sont bannies.
Elle doit son nom à la Mission San Carlos Borromeo del Rio Carmelo, qui est une mission de Carmélites fondée vers la fin du 18ème siècle. Celle-ci est remarquablement préservée, et sa superbe roseraie embaume les lieux d’un parfum enivrant.
Carmel a attiré depuis le début du 20ème siècle de nombreux artistes en quête de calme et d’isolement. De ce fait, elle a toujours conservé une tradition artistique, témoins les nombreuses galeries d’arts et les festivals divers. La ville n’étant pas très grande, il ne faut pas hésiter à se perdre dans ses petites rues dont certaines cachent des trésors insoupçonnés comme de superbes jardins ou des cours intérieures.


Big Sur

Quasiment dépourvu de toute trace de civilisation, il s’agit de l’un des endroits les plus sauvages et les plus préservées de la côte californienne. Tout n’y est que nature ; une nature aussi splendide que torturée, où d’imposantes falaises escarpées se dressent fièrement face aux assauts impitoyables du Pacifique, dont les vagues viennent se déchirer sur leurs rochers dans une explosion quasi-permanente d’écume et de brume. Tapissées de flore et de verdure, leur couleur ocre offre un contraste saisissant avec le bleu de l’océan. Le romancier Henry Miller s’y est retiré de longues années, en quête de solitude et de remise en question. D’ailleurs, une bibliothèque lui est consacrée : la Henry Miller Memorial Library, qui se tient dans un chalet de bois, dans le plus pur esprit de Big Sur.
L’effet d’immensité des lieux est parfois brisé par l’apparition soudaine de petites criques paradisiaques au détour d’un des innombrables lacets décrits par la Route 1. Y conduire est un véritable bonheur. On est pris d’une impatience enfantine à l’idée du prochain panorama grandiose qui va se présenter à nous. D’un autre côté, on a envie de profiter du moment présent car chaque mile parcouru est une nouvelle découverte tant le paysage est varié. On s’émerveille d’emprunter le Bixby Creek Bridge, qui enjambe le Canyon du même nom. Véritable prouesse architecturale, il s’agit de l’un des ponts les plus photographiés du pays.
Dans l’Andrew Molera State Park, vous pourrez découvrir l’endroit à dos de cheval, toujours plus proche de la nature. Le Julia Pfeiffer Burns State Park propose de nombreux sentiers de randonnées dans des cadres idylliques. L’un d’entre eux traverse une forêt de redwoods, arbres parmi les plus grands au monde. Mais l’un des endroits qui nous a le plus séduit est la McWay Fall, cascade qui se déverse sur une plage paradisiaque au cœur d’une crique encaissée d’une beauté étourdissante. Pfeiffer Beach est une plage extraordinaire mais plutôt difficile d’accès. Autant dire qu’elle se mérite. Elle est très prisée des surfers les plus aguerris, les conditions étant difficiles à cause des courants. Les photographes aiment s’y rendre au coucher de soleil, lorsque les rayons traversent l’étroite ouverture de l’imposante arche de pierre qui s’élève dans l’eau. Le moment est toujours féerique. Cependant, le plus surprenant reste son superbe sable pourpre, phénomène dû à la présence de manganèse. Enfin, Big Sur dispose d’un phare érigé à la fin du 19ème siècle : Point Sur Lighthouse.


Solvang

Il s’agit de l’un des endroits les plus insolites de la côte : un village danois fondé au début du 20ème siècle par des Danois de pure souche ! Hormis la luminosité et la douceur de la Central Coast, on pourrait avec un brin d’imagination se croire au Danemark. Les maisons à colombages - certaines en briques rouges - et aux toits de chaume ou d’ardoise s’y multiplient. Les couleurs sont variées, et les enseignes en fer forgé charmantes. Sur Atterdag Square, une éolienne ancienne s’élève fièrement et confère à l’endroit un cachet supplémentaire. Quelques moulins à vent viennent compléter le tableau. Certains restaurants et certaines boutiques proposent des spécialités danoises. Le Hans Christian Andersen Museum est dédié aux contes traditionnels pour enfants. Et si tout cela ne suffit pas à vous donner l’impression d’avoir mis un pied en Europe du Nord, venez assister en septembre au Danish Day, où vous pourrez vous émerveiller devant des spectacles folkloriques typiques, notamment des danses.
Solvang se situe dans le Santa Barbara Wine Country, l’autre région du vin en Californie. Le paysage très vallonné est tapissé de très beaux vignobles. Ceux-ci se paraient de splendides couleurs chaudes et éclatantes sous le soleil de fin d’après-midi alors que nous le traversions… et de l’autre côté de la route, toujours cette magnifique Côte Pacifique que nous n’avions pas quitté de la journée tant elle nous émerveillait. Une raison de plus qui fait que conduire le long de cette fameuse Route 1 est un véritable enchantement !


Ventura

C’est dans cette petite ville que nous avons fait une halte nocturne après cette journée marquée par la longue traversée d’une succession de paysages à couper le souffle. Nous étions encore sous le coup de nos émotions. Nous regrettions simplement qu’un événement imprévu sur la route nous ait longuement retardés, nous empêchant ainsi de visiter la superbe Santa Barbara, et sa mission réputée pour être l’une des plus belles de Californie. Peut-être lors d’un prochain trip…
Ventura est une petite station balnéaire sans prétention peu prisée par les touristes, ce qui a forcément ses avantages. Son joli centre-ville est très agréable. Son front de mer et son pier le sont tout autant. De plus, elle jouit de l’un des meilleurs spots de surf en Californie. On peut visiter la Mission San Buenaventura, fondée à la fin du 18ème siècle. Cependant, il n’en subsiste qu’une petite partie, bien restaurée au demeurant. En effet, elle a subi de nombreux dommages au fil du temps dus à un incendie et divers tremblements de terre.
L’Albinger Archeological Museum vous en apprendra beaucoup sur les nombreuses découvertes archéologiques dans le secteur. Certaines d’entre elles remontent à environ 3500 ans et permettent donc d’en savoir davantage sur les peuples primitifs de Californie.
Enfin, Ventura est l’un des ponts de départ vers le Cannel Islands National Park, archipel de cinq îles qui jouissent d’une faune et d’une flore très riches.



Publié le 28 octobre 2017