Québec

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Montréal

Métropole culturelle vibrante, ouverte et cosmopolite, on s’y sent bien d’emblée, et on comprend pourquoi elle est prisée par tant d’expatriés, notamment européens. D’ailleurs, ses influences du Vieux Continent ne se démentent pas. Elle allie avec succès tradition et modernité, ainsi que les cultures européenne et nord-américaine.
 
Nous avons logé chez l’habitant dans un imposant immeuble Victorien au charme cossu et suranné dans le quartier Westmount (photo), plus précisément dans la rue Sherbrooke. Très longue, elle traverse la ville d’est en ouest, et arbore de nombreuses bâtisses du même style - ou d’autres styles tout aussi remarquables - pour le plus grand plaisir des yeux. Nous en avons longé une grande partie dès notre premier jour. Nous nous sommes notamment attardés aux abords du Musée des Beaux-Arts, fondé en 1860, autour duquel étaient exposées des œuvres de street-art et surtout un imposant totem amérindien.
Puis, nous nous sommes dirigés vers le Centre-Ville, empruntant la longue Rue Sainte-Catherine qui en est l’artère principale. L’architecture y présente un mélange déroutant d’ancien et de moderne qui lui confère toute sa diversité. Les boutiques - notamment de mode - et les galeries d’art y sont légion, de même que les bars et restaurants. Il englobe aussi le centre des affaires et le quartier des arts et spectacles. Enfin, il comprend la fameuse ville souterraine, impressionnant réseau de couloirs de 30 kilomètres où l’on vient se réfugier et passer du bon temps lors des dures journées hivernales.
Après être passés devant l’une des portes de Chinatown pour l’admirer, nous avons poursuivi avec le Vieux-Montréal, quartier historique de la ville fondé au 17ème siècle. Même s’il n’a pas été épargné par les incendies au fil des décennies, quelques bâtisses de style subsistent, d’autres ont été restaurées. Certaines portions de rues pavées ont également été préservées. Ses promenades et ses places sont très agréables, notamment la Place d’Armes, devant laquelle s’élève majestueusement la Basilique Notre-Dame de Montréal, édifiée au 19ème siècle dans un style Néo-Gothique. Une visite s’impose, car l’intérieur est tout simplement somptueux. L’architecture de son décor polychrome lambrissé est peaufinée à l’extrême, avec la technique du dorage à la feuille. Il s’agit de la plus belle décoration intérieure d’un édifice religieux qu’il nous ait été donné d’admirer. Son presbytère, le Vieux Séminaire Saint-Sulpice, a été fondé à la fin du 17ème siècle dans un style Palatial. Près de la promenade du Vieux-Port, la Chapelle Notre-Dame-de Bonsecours est la plus ancienne église de pierre de la ville (fin du 18ème siècle). Le Musée Marguerite Bourgeoys y est attenant. Comme le nom l’indique, il est consacré à la fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal. Nous sommes ensuite montés au sommet de la Tour de l’Horloge qui domine une partie du Vieux-Port, lequel a été modernisé au fil du temps pour devenir un vaste lieu de détente. Elle offre également une vue privilégiée sur le Pont Jacques Cartier qui enjambe le Fleuve Saint-Laurent.
Nous avons fait une brève halte dans le quartier Griffintown, à l’ouest du Vieux-Montréal, afin de visiter l’étonnante Fonderie Darling, ancienne fonderie du 19ème siècle reconvertie en une vaste galerie d’art où prennent place des expositions temporaires. Des ateliers de création sont à la disposition d’artistes. Nous l’ignorions, mais l’accès étant gratuit le jeudi, nous avons pu en profiter.
Le soir, nous sommes allés nous imprégner de l’ambiance jeune et festive du Quartier Latin, très prisé par les étudiants et également réputé pour sa vie culturelle. Le Festival «À nous la rue» y tenait place, et nous avons assisté à un spectacle grandiose - qui n’était pas sans rappeler une parade de géants - sur le thème de la science-fiction, avec notamment un E.T. démesuré articulé par plusieurs artistes.
 
Le deuxième jour étant consacré au Parc de la Mauricie, nous avons poursuivi la visite de Montréal le troisième jour en nous ressourçant au Parc du Mont-Royal, véritable poumon vert de la ville. Conçu par l’architecte paysagiste Frederick Law Olmsted à qui l’on doit le fameux Central Park de Manhattan, il attire les promeneurs, randonneurs et cyclistes en été, et les skieurs et patineurs en hiver. Il comprend également deux cimetières. Depuis la rue Sherbrooke on y accède par une série d’escaliers s’engageant en pente raide dans un cadre vert et ombragé. Une fois arrivés, le panorama s’ouvre pour offrir une vue imprenable sur la skyline et au-delà sur le majestueux Fleuve Saint-Laurent, à la faveur de deux grands belvédères idéalement placés. Puis, nous sommes partis pour Ottawa en début d’après-midi.
 
Le dernier jour de cet inoubliable voyage, nous nous sommes rendus au Parc Jean-Drapeau qui s’étend sur l’Île Sainte-Hélène et l’Île Notre-Dame toute proche. De sa verdure surgit l’imposante silhouette de 80 mètres de diamètre de la Biosphère, que l’on aperçoit depuis le centre-ville. Composée de nombreux triangles métalliques, elle a été érigée dans le cadre de l’Expo 67 et abrite le Musée de l’Eau et de l’Environnement. Le Grand Prix de Formule 1 s’y déroule, ainsi qu’un grand nombre d’événements très variés. Enfin, un bassin d’aviron y a été installé à l’occasion des Jeux Olympiques de 1976.


Mauricie

Région de lacs de forêts et de montagnes, elle est l’endroit idéal pour communier avec la nature. On peut se délecter de ses grands espaces et s’imprégner de son silence dans de longs moments de contemplation, observer sa faune et sa flore. Mais on peut également se laisser tenter par les nombreuses activités que son cadre permet : randonnée pédestre ou équestre, vélo, sports nautiques… tout en profitant de ces paysages magnifiques.
 
Le deuxième jour de notre trip, nous sommes partis de Montréal pour rejoindre le Parc National de la Mauricie (photo). Il est composé de vastes forêts de feuillus et de résineux entrecoupées de lacs dans un paysage légèrement vallonné. Dès les premiers kilomètres sur la route panoramique - dont une partie longe le Lac Wapizagonke - nous avons eu la chance d’apercevoir un jeune ours brun traverser devant nous. Nous avons loué des canoës pour traverser lacs et cours d’eau au cœur d’une vaste forêt de conifères. Puis, nous avons laissé nos embarcations sur la rive pour nous lancer dans une longue randonnée pédestre dans un cadre idyllique, dont l’attraction principale est la spectaculaire Chute Waber. Là, nous pouvions nous baigner, nous prélasser assis sur les rochers les pieds dans l’eau, où encore nous tenir sous les cascades les plus fines pour nous faire arroser et profiter de la fraîcheur. La bonne humeur était communicative entre tous les randonneurs. Puis, nous avons trouvé un peu plus loin un petit belvédère de bois qui offrait une vue plongeante sur un panorama grandiose. Le bleu profond du lac s’harmonisait avec le vert tendre des résineux. L’endroit appelait à la douceur et la rêverie. Nous avions l’impression d’être seuls au monde. L’endroit et le moment étaient magiques. C’est là que nous avons assisté avec bonheur à la demande en mariage de notre couple d’amis. Ce lieu restera à jamais lié à cet événement dans nos esprits.
 
Idéalement placée entre Montréal et Québec City, Trois-Rivières, capitale de la région, a été fondée en 1634. Elle jouit de surcroît d’une situation privilégiée au bord du Fleuve Saint-Laurent. Pour toutes ces raisons, le trafic fluvial et l’activité maritime y sont considérables et contribuent à la prospérité de la ville. Pour autant, la culture n’y est pas en reste : en effet, elle a été nommée «Capitale culturelle du Canada» en 2009. Son centre n’est pas très étendu mais magnifique, et l’architecture y est riche et variée. Une balade y est très agréable, de même qu’aux abords du fleuve. Un complexe abrite conjointement le Musée Québécois de Culture Populaire et la Vieille Prison, construite au début du 19ème siècle dans un style Palladien, que l’on peut visiter. Le Centre Historique d’Industrie Papetière se tient dans un bâtiment historique et aborde l’exploitation de la forêt boréale au Québec.
Nous avons traversé la ville pour nous rendre au Parc de la Mauricie le deuxième jour, sans nous y arrêter, car la route était longue. Et surtout, une halte y était prévue lors de notre retour au Canada après la parenthèse américaine de onze jours. Puis, nous nous y sommes arrêtés de nouveau la veille de notre départ en rejoignant Montréal depuis Québec City. Là, nous avons visité la cabane à sucre Chez Dany, maison de bois très charmante et très typique. La décoration intérieure, avec de grandes tables en bois massif recouvertes de nappes Vichy à carreaux rouges et blancs et de vieux poêles à bois, appelait à la nostalgie. Un accueil des plus chaleureux nous a été réservé, le tout dans une ambiance familiale et bon enfant. On nous a expliqué les différentes étapes de l’élaboration du sirop d’érable en nous montrant les outils et appareils utilisés. C’était très enrichissant, et nous avons passé un moment mémorable en nous immergeant dans la culture et la tradition québécoises.


Québec City

Fondée en 1608, il s’agit de la seule ville fortifiée au Nord du Mexique. Cité enchanteresse d’une beauté saisissante, elle laisse indéniablement une empreinte sur chacun de ses visiteurs. Le charme opère à chaque coin de rue, que ce soit dans la Basse-Ville avec ses ruelles pavées, ses escaliers, ses petites places très typiques et ses jardins, ou dans la Haute-Ville avec l’incontournable Château Frontenac dont l’imposante silhouette au charme cossu et suranné domine fièrement le reste de la cité et le Fleuve Saint-Laurent. Il s’agit là de l’image d’Épinal de la ville, voire du Québec de manière générale. Nous nous y sommes rendus après notre parenthèse américaine, et y avons passé une journée entière, ainsi qu’une soirée.
 
Le Vieux Québec est à juste titre classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Dans la Haute-Ville (photo), le Château Frontenac s’élève sur le Cap Diamant, partie orientale de la Colline de Québec. Hôtel de luxe comprenant 611 chambres et plusieurs restaurants et boutiques, il est l’édifice emblématique de la ville. Il fut bâti à la fin du 19ème siècle en pierre de taille et en brique rouge, le tout étayé par une ossature d’acier. Asymétrique, il dispose de cinq ailes, d’une tour centrale, de plusieurs tourelles et d’une cour intérieure. Ses toits pentus percés de mansardes comprennent par endroits de hautes cheminées. L’entrée est libre et nous avons pu admirer sa somptueuse décoration intérieure. À son pied s’étend la Terrasse Dufferin : très vaste et constituée de planches de bois, elle comporte des kiosques à musique au charme désuet et à l’architecture raffinée. La Promenade des Gouverneurs la prolonge : essentiellement constituée d’escaliers, elle passe tout près de la Citadelle pour aboutir aux Plaines d’Abraham, théâtre de la défaite des Français contre les Anglais en 1759. Elles se situent sur le Parc des Champs-de-Bataille, havre de verdure de plus de 100 hectares. La Citadelle fut érigée par les Anglais durant la première moitié du 19éme siècle au sommet du Cap Diamant, dans un style influencé par Vauban (fortifications en forme d’étoile). Elle abrite à présent la résidence du Gouverneur Général du Canada et le Musée Royal 22ème Régiment. Ses terrasses offrent une vue époustouflante sur la ville et le Fleuve Saint-Laurent.
De l’autre côté du Château Frontenac et de la Terrasse Dufferin se tiennent de nombreux sites remarquables, notamment le Lieu Historique National des Forts-et-Châteaux-Saint-Louis, le Musée du Fort et le Musée de l’Amérique Francophone. Les lieux de cultes ne sont pas en reste avec la Basilique-Cathédrale Notre-Dame-de-Québec, maintes fois remaniée au fil des siècles et dont l’histoire est très tourmentée. La Cathédrale Holy-Trinity arbore fièrement son style Palladien. Il s’agit de la première cathédrale anglicane érigée hors Royaume-Uni. Le Monastère des Ursulines se situe dans un ensemble architectural qui comprend également une chapelle et un musée.
Proche du Capitole, le Lieu Historique National des Fortifications-de-Québec nous en apprend sur ce remarquable système de défense qui ceinture la vieille ville, et dont les éléments principaux sont la Porte Saint-Jean et la Porte Kent - qui font face à la Chapelle des Jésuites et la Maison Dauphine - ainsi que la Porte Saint-Louis.
La Rue Saint-Jean est l’une des plus pittoresques du quartier : les restaurants, bars et boutiques y sont nombreux. Ses superbes façades de pierre sont embellies par des boiseries colorées qui lui confèrent un charme certain et un indéniable cachet. Le soir, elle devient piétonne. Des spectacles de rue s’y déroulent, les terrasses des restaurants se remplissent, le tout dans une ambiance bon enfant où jeunes et moins jeunes se mélangent sans distinction.
 
Il existe plusieurs moyens de rejoindre la Basse-Ville depuis la Haute-Ville, mais le plus pittoresque est la descente en escalier ou en funiculaire depuis la Terrasse Dufferin vers le quartier du Petit-Champlain, ancien quartier des pêcheurs rénové pétri de charme avec ses restaurants et ses boutiques d’artisanat local. La Place Royale semble avoir traversé les années en restant intacte. Anciennement place du marché, elle est bordée de demeures typiques des 17ème et 18ème siècles. Un musée lui est consacré. Tout près s’élève l’Église Notre-Dame-des-Victoires. Datant de la fin du 17ème siècle, elle a été depuis reconstruite puis remaniée. La Fresque des Québécois, peinture en trompe l’œil, impressionne par ses dimensions. Des personnages célèbres ayant joué un rôle dans l’histoire de la province y sont représentés. Plus modeste, la Fresque du Petit-Champlain vaut cependant le coup d’œil. La Rue du Trésor accueille de nombreux artistes qui exposent un large choix de peintures, aquarelles, gravures, dessins et sérigraphies.
En longeant le Fleuve Saint-Laurent, on rejoint le Vieux-Port, où le Musée Naval de Québec retrace les événements militaires qui se sont tenus dans le fleuve. Tout près se tient l’Agora, amphithéâtre à ciel ouvert où se tiennent des concerts d’été. Les deux se situent à la jonction avec le Bassin Louise. Ce dernier accueille un pittoresque marché couvert proposant de nombreux produits locaux. Sur le port de plaisance, une agréable promenade en planches de bois longe la marina. L’Espace 400è présente des expositions temporaires et des événements divers. Toute proche, la Rue sous le Cap est un étonnant ensemble de passerelles-terrasses au-dessus de nos têtes qui relient de coquettes demeures colorées aux hangars.


Alentours de Québec City & tadoussac

En quittant Québec City pour rejoindre Montréal lors de l’avant-dernier jour de notre trip, nous sommes allés admirer le Parc de la Chute-Montmorency (photo). Cette dernière est plus haute que les Chutes du Niagara, mais moins puissante et moins impressionnante. Néanmoins, le spectacle qu’elle offre reste époustouflant, surtout lorsqu’on l’observe depuis la passerelle en surplomb. On peut y accéder par des escaliers comprenant des belvédères ou en prenant le téléphérique. Pour les amateurs de sensations fortes, une tyrolienne double passe également au-dessus. En hiver, il arrive que la bruine gèle et forme un pain de sucre. L’endroit se situe dans un havre de verdure et est bien arboré, ce qui est propice à des promenades et randonnées. Des aires de pique-nique sont également à disposition des visiteurs. Le Manoir Montmorency, construit en 1780, a été détruit par un incendie et rebâti en 1994 en restant fidèle au style architectural d’origine. Outre un restaurant en terrasse et une boutique de souvenirs, il comprend un centre consacré à l’histoire du site.
Puis, nous sommes repartis vers Montréal, en empruntant une partie du Chemin du Roy, qui fut la première route carrossable construite en Nouvelle-France à partir du 17ème siècle pour relier Québec City, Trois-Rivières et Montréal. Elle longe le Fleuve Saint-Laurent en traversant des villages ou petites villes pittoresques. Elle fait l’objet d’une signalisation particulière matérialisée par des panneaux bleus frappés d’une couronne. Nous sommes notamment passés par Cap-Santé, classé parmi les plus beaux villages du Québec. L’Église de Cap-Santé et son presbytère sont remarquables. Nous avons fait une halte à Portneuf, charmant village fondé au 17ème siècle au bord du Fleuve Saint-Laurent, à l’embouchure de la Rivière Portneuf. Il comprend un parc récréatif nautique et un site d’observation ornithologique. D’ailleurs, nous avons eu la chance d’apercevoir un condor dès notre descente de voiture, chose apparemment très rare d’après un local qui nous a affirmé qu’il venait régulièrement dans l’espoir d’en observer… chaque fois en vain !!! Les autres attractions sont l’Église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, le Manoir Hale et surtout le Calvaire du Cimetière Notre-Dame-de-Portneuf, classé Monument Historique.
 
Lors de notre deuxième journée à Québec City, nous avons fait une excursion à Tadoussac pour une croisière d’observation des baleines. En effet, il s’agit de l’endroit idéal pour ce genre d’activité : situé dans une baie à l’embouchure du Fjord du Saguenay qui se jette dans l’Estuaire du Saint-Laurent, il est riche en planctons et attire donc de nombreux cétacés. Le village en lui-même est splendide, et fait partie des plus beaux au Québec. La douceur de la baie sableuse et des vertes collines arborées contraste avec la dureté des falaises grises déchiquetées du fjord.
La croisière fut mémorable, magnifiée par les commentaires d’une guide à la passion et à l’enthousiasme communicatifs. Nous avons pu admirer de nombreux rorquals et bélugas. En arrière plan, nous apercevions parfois de belles maisons de bois colorées dans leur écrin de verdure, des petites plages de sable et des petits ports pétris de charme.


Publié le 15 décembre 2018