Afrique du Sud

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En juin 2018, nous avons décidé de découvrir l’Afrique du Sud. En effet, nous avons voulu changer de continent après nous êtres longuement consacrés avec un grand bonheur aux Amériques les années précédentes (Ouest Américain et Chicago en 2013, Brésil en 2015, Ouest Américain à nouveau en 2016, Canada et Nord-Est Américain en 2017). Nous nous étions déjà rendus sur le continent africain avec J.R. en 2006 lors de notre tout premier voyage ensemble à la faveur d’un séjour en Tunisie. J’étais également allé au Maroc en 2001 avec des membres de ma famille et un couple d’amis. Enfin, j’ai fait un périple mémorable à Madagascar en 2007, qui vous est conté dans une rubrique de ce website (cliquez ici).
Cependant, nous rêvions d’Afrique Sub-saharienne, qui a autant fasciné les plus grands explorateurs et aventuriers que les modestes voyageurs, tous avides de terres exotiques lointaines, d’envoûtants paysages sauvages, de contrées tribales où subsistent encore diverses traditions ancestrales, et bien sûr de palpitants safaris. Car si notre premier trip aux U.S.A. nous a permis de concrétiser des rêves d’adolescent, nous avons pu grâce à ce voyage en Afrique du Sud réaliser des rêves d’enfance, approchant avec un indicible émerveillement de nombreux animaux évoluant dans leur milieu naturel.
Malheureusement, un impondérable nous a obligés à différer notre départ, raccourcissant ce séjour de trois à deux semaines. C’est d’autant plus regrettable que nous avons dû renoncer à des sites extraordinaires tels que Blyde Canyon, le mythique et incontournable Parc Kruger, le Swaziland, et Kosi Bay. Mais nous n’avons pas voulu nous laisser abattre par cette malchance et avons fait en sorte de rendre ces deux semaines mémorables… avec succès. Nous avons dû réserver à la hâte une nuitée à Pongola dans l’état du KwaZulu Natal, car le début de notre itinéraire s’en est retrouvé chamboulé. La route était longue depuis l’aéroport de Johannesbourg, mais nous avons pu ainsi nous familiariser avec les paysages fabuleux de l’Afrique Australe, à nuls autres pareils. Nous nous sommes habitués plus vite que nous ne le pensions à la conduite à gauche. Ceci dit, cela est à double tranchant, car on peut tomber dans un excès de confiance qui peut nous emmener à commettre quelques petites erreurs. Aussi avons-nous décidé de faire en sorte que le passager soit aussi vigilant que le conducteur la plupart du temps. En outre, nous avons été agréablement surpris par le bon état des axes principaux dans chaque région visitée. Nous avons été également étonnés par le nombre de personnes marchant au bord des routes, autant le long des nationales que dans les zones de campagne. Par contre, le pays subissait une longue et terrible sécheresse et nous apercevions çà et là des départs de feu.
Après avoir fait un premier safari inoubliable lors du deuxième jour dans la Réserve d'Hluhluwe-Umfolozi, nous avons poursuivi avec un autre safari dès le lendemain alors que nous avions rejoint la côte à Saint-Lucia. Dès lors, nous sommes descendus au fil des jours le long du littoral balayé par les puissantes vagues de l’Océan Indien, traversant des paysages fabuleux. Car si l’Afrique est naturellement réputée pour sa faune, il serait injuste de ne pas évoquer sa flore haute en couleurs, d’une richesse et d’une diversité remarquables. Le mois de juin précédent l’hiver austral, nous voyagions hors saison touristique et ne croisions que peu de monde sauf dans les endroits fréquentés toute l’année. La traversée de villages pittoresques venait rompre les longs moments de conduite au cœur de fascinants espaces désertiques.
Nous avons ensuite visité les états de l’Eastern Cape et du Western Cape, terminant avec un séjour au Cap, où nous attendait une amie à J.R. vivant dans cette superbe ville colorée et pleine d’énergie. Ses recommandations nous ont été précieuses tout au long de notre périple, et plus particulièrement dans cette cité où elle nous a emmenés dans des endroits remarquables.
Ces deux semaines mémorables nous ont emplis de bonheur… mais il reste en nous ce petit goût d’inachevé et cette petite part de frustration de ne pas avoir pu en profiter durant trois semaines comme convenu. Aussi avons-nous décidé de ne pas en rester là, et nous savons déjà que nous retournerons dans ce pays fantastique, ne serait-ce que pour visiter les sites manqués à cause de ce malheureux imprévu. D’autre part, le couple d’amis qui nous accompagnait en Slovénie en 2016 et au Canada et aux U.S.A. en 2017 a récemment connu un heureux événement. Nous avons alors pris une décision : dès que leur fils sera en âge de faire ce genre de voyage, nous nous rendrons tous ensemble en Afrique du Sud. Voilà deux excellentes raisons de revivre cette aventure… et de la partager.


KwaZulu Natal

Le village de Pongola se situe dans la région de Maputaland, juste en dessous du Swaziland. Il est entouré de réserves privées. Le vaste Lac de Pongola apporte son lot de fraîcheur et d’humidité au cœur de vastes paysages secs bien que fascinants. Nous n’y avons donc fait qu’une halte nocturne pour des raisons purement géographiques. Cela nous a permis de faire connaissance avec Georgie le perroquet, dont les facéties vous sont contées dans la rubrique «Nos anecdotes – Afrique du Sud».
Le lendemain, nous avons fait notre tout premier safari dans la Réserve d'Hluhluwe-Umfolozi (photo), qui jouit du fameux Big Five (lions, léopards, rhinocéros, éléphants, buffles) tout comme le célèbre Parc Kruger. Bien entendu, les consignes de rigueur nous ont été rappelées dès notre entrée, notamment ne pas descendre de voiture durant le safari et ne pas emmener de nourriture dans notre véhicule. Nous avons été happés d’emblée par une impatience enfantine, nous attendant naïvement à voir des animaux dès les premiers instants. Il nous a fallu attendre… Le tout premier fut un éléphant. Et à partir de là, nous en avons vu régulièrement toute la journée : impalas, zèbres, girafes, rhinocéros, buffles, koudous, gnous, phacochères, singes (vervets bleus), oiseaux divers… et une meute de lycaons, très difficiles à croiser. Nous avons eu beaucoup de chance. Notre impatience puérile a laissé la place à l’émerveillement enfantin. Avec J.R., notre œil s’est vite adapté et nous avons réussi à repérer de nombreux animaux, même à distance, même partiellement dissimulés. De plus, j’ai décidé de me placer sur la banquette arrière de notre S.U.V. côté gauche, alors que J.R. était au volant côté droit. Ainsi, nous ne nous gênions pas l’un l’autre visuellement, et avions un angle de vue bien plus ouvert pour observer et photographier.
Nous avons quitté la réserve en fin de journée emplis de bonheur, des images enivrantes plein la tête. Nous étions profondément marqués par cette fabuleuse expérience. Nous avons rejoint Saint-Lucia sur la côte, également située dans la région de Maputaland. Le lac portant le même nom est relié à l’Océan Indien par un estuaire. Saint-Lucia Game Park est un parc animalier réputé pour sa forte concentration d’hippopotames et de crocodiles. Malheureusement, nous n’avons pas pu y accéder à cause de travaux. Cependant, nous avons pu profiter d’un deuxième safari dans la réserve d’iSimangaliso Wetland Park, où nous avons sympathisé avec trois membres du personnel (voir la rubrique «Nos anecdotes – Afrique du Sud»). Certes, il était moins pittoresque que celui de la veille, mais il nous a laissé un excellent souvenir. Entre autres, nous avons pu apercevoir des hippopotames à distance, ainsi que des babouins. Juste avant, nous nous sommes attardés sur de superbes plages, notamment Main Beach, et Cap Vidal avec sa frange de dunes côtières qui sépare le lac de l’océan.
Puis nous avons rejoint la tentaculaire Durban, qui s’articule autour d’un immense port. Ses longues plages sont propices à la baignade grâce aux filets anti-requins. Elle s’est développée au niveau touristique à grande vitesse. La plus grande communauté indienne du pays y vit. Malheureusement, la criminalité y est importante, et des townships ont poussé comme des champignons dans les banlieues. Ils nous ont fait penser aux favelas brésiliennes. Nous l’avons de surcroît trouvée très polluée. Nous ne nous y sommes donc pas attardés. C’est pourquoi nous vous invitons à ne pas tenir compte de ces quelques lignes qui vous en donneront une impression négative. Renseignez-vous plus amplement sur cette ville authentique et cosmopolite aux saveurs métissées qui a sûrement de nombreux trésors à dévoiler.


Eastern Cape

En pénétrant dans cet état en venant de Durban, nous allions un peu vers l’inconnu, cette partie du pays étant délaissée par la grande majorité des tour-opérateurs. En général, on prend un vol interne de Durban pour rejoindre directement le Western Cape. Mais nous tenions à découvrir ces contrées éloignées des sentiers balisés du tourisme. D’autre part, l’Eastern Cape jouit d’au moins deux atouts majeurs : la Wild Coast (Côte Sauvage), qui porte très bien son nom, et le pays Xhosa, d’où est originaire le regretté Nelson Mandela.
Nous avons pris la route nationale jusqu’à Port Edward. Elle traversait un panorama grandiose où s’épanouissait une végétation incroyablement riche et variée : des palmiers, mais également des arbres et arbustes aux belles fleurs rouge, orange et mauve, diverses plantes exotiques... et ce malgré la sécheresse. Et au fur et à mesure que nous descendions vers le sud, le paysage devenait de plus en plus vert et vallonné. De nombreuses personnes se trouvaient sur les bas-côtés : certains marchaient, d’autres vendaient des fruits, de la canne à sucre ou des produits de la mer, notamment des homards. Puis, nous avons bifurqué pour nous diriger dans les terres en empruntant une pittoresque route de campagne. Nous traversions avec émerveillement des villages bien peuplés qui respiraient l’Afrique profonde. Il y régnait une promiscuité et une anarchie réjouissantes et pétries d’exotisme, nous déconnectant totalement de la vie à l’européenne. En nous approchant de ceux-ci, nous croisions sur le bas-côté de nombreux piétons parcourant des kilomètres, certains faisant du stop, notamment des élèves en uniforme. D’autre part, il nous fallait redoubler de vigilance, car des animaux domestiques (chiens, vaches, chèvres, moutons et autres) traversaient en toute insouciance. Le paysage changeait pour devenir encore plus vallonné, voire montagneux par endroits… plus sec également, et nous avons aperçu de nouveaux départs de feu.
Nous avons finalement renoué avec la fraîcheur et la verdure en nous rapprochant de l’Océan Indien pour rejoindre la superbe petite ville de Port Saint Johns. Elle se situe à l’embouchure de la Rivière Mzimvubu, qui se jette dans l’océan au cœur de basses montagnes, façonnant un paysage à couper le souffle. Le cœur du village est typiquement africain, avec ses animaux domestiques au beau milieu de la rue, son marché quotidien haut en couleur où l’on vend fruits et légumes, mais également des objets d’arts, peaux de bêtes ou autres. On y croise par ailleurs des individus originaux, voire excentriques venus d’horizons divers. La culture du cannabis dans la région n’y est peut-être pas étrangère… Nous avons trouvé un petit bout de plage paradisiaque à Second Beach. Port Saint Johns étant malheureusement réputée pour ses nombreuses attaques de requins, nous avons hésité à nous baigner. Alors que J.R. s’est contenté d’une séance photos, je me suis finalement jeté dans l’océan : j’ai lu sur un panneau que la période de fréquentation des requins se situait essentiellement entre décembre et mars ; de plus, j’ai été rassuré en voyant quelques dizaines de mètres plus loin des locaux se baigner. Finalement, nous avons rejoint les sentiers de randonnée sur les monts près de l’embouchure de la rivière. Nous avons marché jusqu’au phare de First Beach et admiré depuis le point de vue un spectacle hors du commun : en effet, c’était la période de migration des sardines, appelé «sardine run», un événement attendu toute l’année : des bancs entiers remontent vers le Nord, attirant dans leur sillage dauphins, rorquals, otaries ainsi que des fous de Bassan et autres oiseaux de mer qui plongent pour en capturer. Il arrive aussi que des requins s’invitent. Certes, nous n’en avons vu que quelques bribes à distance, mais nous nous sentions tout de même privilégiés.
Le lendemain, nous avons pris la superbe route 61 jusqu’au village de Mthatha, connu pour proposer trois musées consacrés à Nelson Mandela, lequel vint au monde à Mvezo, autre village situé à quelques kilomètres plus au sud que nous avons également traversé. Nous avons continué à longer la Wild Coast et ses plages vierges s’étendant à perte de vue, faisant une halte à Morgans Bay : les lieux étaient sauvages et idylliques, mais balayés par un puissant vent off-shore, pour le plus grand bonheur des surfeurs, et des pilotes de scooters des mers qui prenaient les vagues de la même façon ! Nous avons ensuite gagné Kei Mouth, toute proche, en empruntant une piste jalonnée de nids de poules et de grosses pierres. Nous avons pu apercevoir quelques beaux oiseaux, notamment des œdicnèmes criards - également appelés «courlis de terre» - et des huîtriers noirs.
Nous avons finalement rejoint East London, prochaine étape. Comme Durban, nous n’en avons presque rien vu : il s’agit également d’une ville s’articulant autour d’un port important (fluvial, en l’occurrence). L’insécurité y est conséquente et les banlieues sont envahies par les townships. La ville n’est pas spécialement attractive : des bâtiments laids se multiplient dans son centre, notamment sur la côte. Quelques beaux édifices se distinguent tout de même, notamment le superbe Hôtel de Ville qui mélange les styles Victorien, Néo-Classique et Renaissance. Devant celui-ci s’élève la statue de Steve Biko, fondateur du mouvement de la Conscience Noire. Le Nelson Mandela Museum et l’East London Museum font partie des autres attractions remarquables. Nous avons résidé dans un quartier sécurisé éloigné du centre et avons repris la route dès le lendemain matin. C’est pourquoi nous vous invitons – comme pour Durban – à obtenir de plus amples informations sur cette ville si vous souhaitez la visiter et vous faire une opinion.
Nous avons donc poursuivi l’aventure vers le Sud, faisant une première halte au Mpekweni Beach Resort, jouissant d’une situation privilégiée entre une vaste plage sauvage et un lac d’eau douce. Nous nous sommes ensuite rendus à Port Alfred (photo), magnifique station balnéaire au bord de la Rivière Kowie aux superbes plages longées de dunes. Nous avons profité du cadre grandiose d’East Beach, où les amateurs de sensations fortes glissent autant sur l’eau que sur les dunes. Deux épis rocheux parallèles se jettent au milieu d’un océan déchaîné. Dans les terres, nous sommes allés admirer l’ananas géant de la Plantation d’ananas Summerhill à Bathurst. Haut de presque 17 mètres, il s’agit d’un bâtiment pour le moins original dans lequel il est possible d’entrer librement.
Nous nous sommes arrêtés quelques minutes à Kenton-on-Sea, autre ville balnéaire. Située entre les rivières Bushmans et Kariega, elle est entourée de superbes plages et de collines verdoyantes. Elle jouit également d'une réserve naturelle.
Nous avons rejoint Port Elizabeth, étape nocturne suivante. Autre grande cité aux banlieues envahies de townships, elle n’échappe pas non plus à l’insécurité, y compris en centre-ville. Ce dernier est tout de même bien plus attractif que celui d’East London. L’architecture Victorienne prédomine, laissant néanmoins la place à quelques bâtisses de styles Géorgien et Art Nouveau. Les quartiers les plus pauvres s’étendent vers les terres de façon tentaculaire, tandis que les plus aisés et plus sécurisés se situent en front de mer, notamment Summerstrand, où nous logions. Là, nous avons longuement visité le Boardwalk, nouveau complexe commercial où se multiplient boutiques d’artisanat local, boutiques de souvenirs, ainsi que des bars et restaurants. Il est essentiellement constitué de bâtisses de bois dans une architecture victorienne qui rappelle celle de l’Hotel Del Coronado à San Diego aux U.S.A., toutes proportions gardées. L’endroit est agrémenté par quelques petits étangs où on aperçoit des ouettes d'Égypte, espèces de canards typiquement africains. Certes, c’est touristique, mais très agréable tout en conservant un certain style. Juste avant, nous nous sommes rendus à Cape Recife, où la route qui longe la plage (Marine Drive) nous présente un panorama extraordinaire de roches recouvertes de lichen érigés en oblique vers le ciel, le tout au cœur de la verdure. Les vagues de l’Océan Indien viennent s’y abîmer dans un incessant ballet d’éclaboussures. Nous avons pu admirer au passage le phare datant du milieu du 19ème siècle. Nous avons fait une halte au niveau d’une petite falaise pour descendre sur la plage. La brume créée par les effets conjugués des vagues qui s’échouaient violemment et du vent puissant qui balayait la côte donnait au paysage une dimension fascinante. Les couleurs étaient adoucies, les contours des roches semblaient surgir d’un voile immaculé. C’était d’une beauté stupéfiante. 


Western Cape - Route des Jardins & Overberg

En pénétrant dans l’état du Western Cape, nous avons entamé l’époustouflante Route des Jardins. Nous avons fait une première halte au Parc National De Tsitsikamma (photo). Les paysages encaissés de côte déchiquetée, de criques où viennent s’échouer les vagues sont magnifiques. Des fleurs rouges viennent y apporter de la couleur, offrant un contraste saisissant avec le reste du panorama. On voit de nombreux cormorans à poitrine blanche sur les rochers bruns. Nous sommes descendus jusqu’au Suspended Bridge, impressionnant double pont en angle droit. Puis nous sommes remontés de l’autre côté le long d’un chemin abrupt qui menait à un viewpoint où nous avions une vue plongeante incroyable sur l’ensemble du paysage. Sur le chemin du retour, nous avons croisé un touraco vert, oiseau arboricole doté d’une amusante huppe, ainsi que des damans, petits mammifères typiques de la taille d’une marmotte.
En voulant rejoindre Nature’s Valley, nous avons été surpris par des babouins qui nous ont empêchés quelques minutes de poursuivre notre route en restant avec insistance en plein milieu (voir la rubrique «Nos anecdotes – Afrique du Sud»). Ce lieu idyllique se trouve entre la rivière Salt et les montagnes Tsitsikamma. On peut y admirer l’Océan Indien dans toute sa puissance et sa majesté, ainsi que le Lagon de la Rivière Groot. Nous y avons rencontré de nombreux oiseaux, notamment des cormorans à poitrine blanche, des aigrettes neigeuses et des goélands dominicains.
Nous nous sommes ensuite arrêtés à Plettenberg Bay, qui nous a laissés un sentiment mitigé. Il s’agit d’une station balnéaire huppée composée de plages de sable blond, de petites falaises, de rochers et de bosquets en front de mer. L’embouchure de la Rivière Piesang lui confère un attrait supplémentaire. Les vagues viennent y déferler pour le plus grand bonheur des adeptes du surf et du bodyboard. Cependant, nous avons visité d’autres stations balnéaires du même genre plus attrayantes sur cette même côte, et «Plet» souffre de la comparaison. Et surtout, l’hôtel de Beacon Island, bâti au début des années 1970 est une véritable verrue qui vient entacher le front de mer : sa hauteur relative et sa couleur blanche qui détonne totalement du reste du panorama font qu’on le remarque de loin. C’est d’autant plus dommage qu’il y avait mieux à tirer d’un tel cadre naturel.
Knysna n’a rien d’extraordinaire non plus, du moins en ce qui concerne la station elle-même, trop exploitée au niveau touristique. Mais sa baie est époustouflante, et nous avons pu l’admirer depuis des viewpoints nous proposant une vue plongeante à couper le souffle. Le lieu appelle à l’apaisement et à la contemplation, et nous nous y sommes attardés avec grand plaisir. Le soir, nous avons rejoint le centre et son Waterfront où nous avons dîné dans un restaurant au cœur d’un complexe qui nous faisait penser au Boardwalk de Port Elizabeth, moins esthétique cependant. Avant d’entamer le repas, nous y avons fait une dégustation d’huîtres avec du vin blanc. J’y ai mangé du koudou et j’ai trouvé cela délicieux : il était servi avec des légumes et un soupçon de chocolat noir, et les saveurs se mélangeaient à merveille.
Le lendemain, nous avons traversé le Wilderness National Park, qui comprend non moins de cinq lacs. Il doit son nom à la station balnéaire de Wilderness située sur une vaste plage de sable fin et blond. Elle est très plaisante, mais la baignade y est dangereuse, contrairement à Victoria Bay, enchâssée dans une splendide petite crique. Là aussi, le vent off-shore permettait une superbe session de surf. Une petite jetée se reflétait sur un plan d’eau que la marée descendante avait laissé. La petite promenade est vraiment agréable : elle longe de belles maisons de bois ayant toutes un cachet particulier, entourées d’une végétation luxuriante et pour certaines d’objets d’art. Chacune semble refléter la personnalité de ses occupants. Un message sur une plaque de roche découpée dit : «ne laissez que des empreintes de pas, ne tuez que le temps». Des empreintes de mains sont disposées à intervalles réguliers sur la petite murette, et à la fin un cadran solaire y est scellé. On sent que les résidents sont très proches les uns des autres et partagent la même philosophie de vie. En repartant, nous avons aperçu des oiseaux sur des arbres, notamment des canaris jaunes et des colious rayés, oiseaux marron avec une amusante huppe.
 
L’Overberg est la partie la plus australe du continent africain. Nous avons fait une halte nocturne à Hermanus, où nous sommes arrivés en milieu d’après-midi, car nous voulions profiter de cette superbe petite ville balnéaire, réputée pour être l’une des plus agréables à vivre du pays. Elle est également célèbre pour l’observation des baleines, qui est même possible depuis la côte car celles-ci viennent mettre bas dans ces eaux. Nous avons fait une longue balade sur le sentier côtier au cœur d’un cadre idyllique de petites falaises déchiquetées, de rochers bruns sortant de l’eau pour se dresser vers le ciel, le tout face à un océan déchaîné et balayé par les vents très puissants. Le ciel était couvert, mais cela conférait à l’endroit un indéniable cachet et complétait le tableau. Nous nous sommes aventurés sur les rochers en veillant à ne pas être déséquilibrés par la force inouïe du vent. Nous avons aperçu quelques dauphins sauter hors de l’eau. Le lendemain, nous avions rendez-vous pour une croisière d’observation des baleines. Elle a malheureusement été annulée : non pas à cause du temps, le soleil étant revenu, mais à cause de l’océan trop agité. Quel dommage !.. Nous avons tout de même essayé d’en apercevoir depuis le sentier côtier, en vain… Nous nous sommes consolés avec des otaries qui nous ont gratifiés d’un spectacle amusant en sautant hors de l’eau toutes les dix secondes. Et sur la terre ferme, nous avons vu de près un rouge-queue à front blanc, puis un ibis hagedash, oiseau typiquement africain qui a la particularité d’avoir les ailes brillantes.
Nous avons repris la route et fait une première halte à Kleinmond et sa plage magnifique. Un sentier côtier la longe, entre végétation touffue et éperons rocheux émergeant de l’eau pour se dresser vers le ciel en oblique. Le tout était magnifié par un soleil qui se glissait entre les nuages pour habiller le paysage de couleurs superbes. Un arc-en-ciel complétait ce tableau éblouissant. Il est possible avec un peu de chance d’y observer des baleines et des chevaux sauvages, mais nous n’avons pas eu ce privilège. Nous avons tout de même pu voir des damans de très près sur le chemin du retour.
Quelques kilomètres plus loin, nous nous sommes arrêtés à Betty’s Bay, village où se trouve le Jardin Botanique National Harold Porter, de même qu'une colonie de manchots du Cap, adorables oiseaux typiques d’Afrique Australe que nous avons pu admirer de près, y compris des petits dans leur nid. Non loin, des damans faisaient la sieste au soleil. En revenant nous avons aperçu des ouettes d’Égypte, puis des cormorans et des goélands sur des rochers, le tout devant la proue de l’épave d’un navire qui émergeait des eaux tel un fantôme surgi d’un passé lointain.
Puis nous avons repris la route en direction du Cap, dernière étape de ce voyage mémorable, où nous restions quatre jours. Nous avons emprunté avec émerveillement la Clarence Drive Scenic Route, tout simplement la route la plus extraordinaire de tout le trip. Le paysage était pittoresque, très encaissé et escarpé. Le spectacle était époustouflant. Nous roulions juste au bord de l’océan d’un bleu-vert magnifique, dans lequel tombaient des montagnes de roche ocre recouvertes d’une verdure luxuriante. Le jeu des couleurs était saisissant.


Western Cape – Le Cap

La Californie, la Louisiane, le Brésil, la vieille Europe… Le Cap a des faux airs de diverses contrées de la planète, pour peu qu’on laisse vagabonder notre imagination en flânant dans ses divers recoins. Pourtant, c’est bien en Afrique Australe que se trouve cette cité unique en son genre, colorée et pleine de vie. Entre océan et montagne, elle semble ne faire qu’un avec son cadre naturel à couper le souffle. Malheureusement, elle n’échappe pas aux townships qui semblent s’étendre à l’infini en périphérie, surtout aux abords de l’aéroport. Par contre, on peut se balader dans son centre de jour en toute insouciance, sauf rares exceptions. Ce n’est qu’à partir de la tombée de la nuit que règne l’insécurité propre aux grandes villes du pays : les rues se vident alors à une vitesse étonnante, les vendeurs sur les marchés remballent leurs produits et leurs étals… tout se passe comme dans un film en accéléré… Et on attend qu’un nouveau jour se lève pour profiter encore des beautés et de la très plaisante ambiance diurne de la ville.
Aussi nous sommes-nous empressés de visiter une partie de son centre l’après-midi de notre arrivée. Nous avons pu admirer sa superbe architecture Coloniale, notamment l’imposant Hôtel de Ville de style Édouardien : il est doté de sculptures et de colonnes, dont certaines sont géminées au niveau de son carillon qui abrite non moins de 39 cloches. L’édifice colossal renferme aussi un orgue d’une valeur inestimable. Il est d’autant plus regrettable qu’il ne soit pas ouvert à la visite. Puis, nous sommes allés admirer le fameux Fort de Bonne-Espérance, qui date du 17ème siècle : sa construction en étoile rappelle immanquablement les travaux de Vauban. Il renferme un musée militaire, une collection de tableaux et d’antiquités diverses… ainsi qu’une salle de torture et des oubliettes…
Nous avons passé deux soirées à Long Street, qui porte bien son nom : elle semble interminable, pour le plus grand bonheur des yeux : les bâtisses de style Colonial s’y multiplient, avec vérandas, préaux, terrasses à étages et balcons en fer forgé qui rappellent la Nouvelle-Orléans. Riche en couleurs, les boutiques s’y égrènent, de même que les galeries d’art, les brocantes, ainsi que de nombreux bars et restaurant qui en font un lieu incontournable de la vie nocturne. La musique y est omniprésente, dans des styles diversifiés. Nous l’avons également visitée de jour quelques heures avant notre départ. Nous en avons profité pour flâner dans le pittoresque Bo-Kaap (photo) : adossé à Signal Hill, il est l’un des quartiers emblématiques de la ville. C’est pour lutter contre l’apartheid que la communauté musulmane qui y réside a repeint symboliquement ses maisons de couleurs vives qui lui donnent son inimitable cachet. Il comprend entre autres un petit musée et des mosquées.
Les collines et montagnes qui sont adossées à la ville sont des passages obligatoires. C’est pourquoi nous sommes montés au sommet de Signal Hill (350 mètres) pour admirer d’un côté la ville et l’Océan Atlantique, et de l’autre Lion’s Head (669 mètres) et au-delà Table Mountain (1087 mètres), à laquelle s’accrochait avec insistance une nappe de nuages blancs. C’est à la forme de son pic rocheux que Lion’s Head doit son nom. Il faut tout de même un peu d’imagination pour apercevoir le profil du félin. Nous y avons effectué sa fameuse randonnée, qui nous a rappelé à un degré moindre l’Angels Landing Trail à Zion en Utah (voir «Nos articles – U.S.A. 2016 - Utah»). Là aussi, des chaînes sont fixées sur la roche pour s’accrocher, de même que des échelles. La dernière partie est déconseillée aux personnes sujettes au vertige. De plus, le sol et les rochers sont un peu humides et couverts de sable par endroits, et il faut faire attention à ses pas. La vue imprenable une fois arrivés au sommet apparaît comme une juste récompense… Pour rejoindre Table Mountain l’avant-dernier jour, nous avons pris le téléphérique, qui tourne lentement sur lui-même afin de pouvoir admirer la totalité du paysage. La température était bien plus basse une fois arrivés au sommet, du fait de l’altitude et du vent violent. Les damans y sont nombreux, et pas du tout sauvages. Nous avons même aperçu un petit tout près de nous. Nous avons également croisé de beaux oiseaux, notamment une corneille avec le bout des ailes rouge, et un souimanga orangé, petit oiseau au plumage brun avec la tête noire et la poitrine orange : son bec fin est légèrement recourbé vers le bas. La vue était à couper le souffle : nous voyions les précédemment visitées Signal Hill et Lion’s Head, la ville, l’océan, ainsi que les fameux «Douze apôtres», impressionnant massif pourtant doté de 18 contreforts, et non pas 12 comme le nom l’indique.
Nous avons visité avec émerveillement le Jardin Botanique National Kirstenbosch. Comme celui de Rio de Janeiro que nous avons pu admirer en 2015, il fait partie des plus beaux au monde. Nous y sommes allés en début de matinée pour éviter la foule et jouir de superbes couleurs : une brume légère drapait d’un voile blanc le paysage verdoyant sous le soleil rasant, avec en toile de fond Table Mountain, au sommet de laquelle les nuages s’accrochaient toujours comme s’ils faisaient partie d’elle. Le jardin est très diversifié. Il se spécialise notamment dans les herbes aromatiques et les plantes médicinales. Il renferme nombre d’espèces endémiques. Ne manquez pas le fynbos, formation végétale naturelle caractéristique du Sud du pays. Ses bosquets, ses massifs et ses pelouses verdoyantes sont de toute beauté.
Le dernier jour, nous nous sommes longuement attardés au Waterfront, quartier globalement assez aisé. Il est très agréable malgré la multiplication d’immeubles. Les attractions principales sont le Two Oceans Aquarium, les musées (Diamond Museum, Maritime Center, Mocaa, the Springbok Experience…) ainsi que la Tour de l’Horloge de la fin du 19ème siècle qui abrite la capitainerie. Elle est dotée d’un beau balcon en fer forgé. On peut parfois apercevoir des otaries dans le port. Bien sûr, les bars, restaurant et boutiques y abondent. Un grand centre commercial draine les foules. Ce jour-là, des groupes de musique africaine se produisaient juste devant. Nous avons été marqués par Nobel Square, où se dressent fièrement les statues des quatre prix Nobel de la Paix Sud-Africains (Albert Lutuli, Desmond Tutu, F. W. de Klerk et Nelson Mandela). Devant l’hôtel de luxe Table Bay se tient la statue dorée d’une otarie mâle prénommée Oscar. Sur son socle sont fixées des petites plaques comportant les noms de célébrités et politiciens y ayant séjourné, avec un petit drapeau correspondant à leur nationalité. Nous avons poursuivi la balade jusqu’au front de mer où l’océan était déchaîné. Les vagues venaient éclater contre les rochers dans des explosions d’écume impressionnantes. Nous avons continué à marcher jusqu’au Phare de Green Point. Au passage, nous avons admiré à Mouille Point une sculpture bleue qui représentait deux têtes de femmes africaines qui se tournent le dos et sont reliées entre elles par un seul et même chignon. Au large, nous apercevions dans la brume Robben Island, où fut emprisonné Nelson Mandela.

Western Cape – Les alentours du Cap

Sur les conseils de l’amie à J.R. que nous avons retrouvée au Cap, nous avons fait une halte à Hout Bay, agréable petite ville portuaire datant de la fin du 17ème siècle. Son port de pêche, où sont amarrés des chalutiers colorés, est pittoresque. Les goélands et les cormorans animent les lieux, et on y croise des otaries et des lions de mer. Ce jour-là, quelques artistes africains exposaient de belles peintures et de belles aquarelles, ce qui ne faisait qu’ajouter du charme et de la gaieté à cet endroit. Sur le chemin du retour, nous avons croisé des ouettes d’Égypte.
Puis, nous avons poursuivi vers Boulder’s Beach et son fameux refuge pour les manchots du Cap, espèce menacée. Pour y accéder, nous avons traversé Simon’s Town, très jolie et très agréable  petite ville. L’architecture victorienne domine, avec vérandas, bow-windows, et porches d’entrée typiques. Les bâtiments sont essentiellement en bois, mais on aperçoit çà et là quelques balcons de fer forgé qui apportent un cachet supplémentaire. Son port de plaisance est très vivant. Une fois arrivés au refuge, nous sommes d’abord passés par la zone d’élevage et de reproduction. Comme à Betty’s Bay, nous avons vu des petits dans leur nid, facilement reconnaissables grâce à leur duvet gris. Puis, nous nous sommes rendus à la plage principale où se trouve la colonie. D’imposants rochers arrondis la protègent des vagues et des courants. Forcément, l’accès est interdit pour ne pas perturber les nombreux manchots, qui se laissent vivre en toute insouciance. Bien évidemment, il est difficile d’échapper aux flots de touristes, ce qui ne semble pas du tout déranger les oiseaux qui les ignorent. Nous avons même vu un mâle s’approcher d’une femelle et s’accoupler avec elle sans aucune pudeur !
Puis, nous sommes descendus tout au sud de la presqu’île pour rejoindre l’incontournable Cap de Bonne Espérance (photo). Nous nous sommes d’abord arrêtés à Cape Point, promontoire rocheux qui offre une vue plongeante époustouflante sur le site. Nous sommes montés jusqu’à l’ancien phare à 250 mètres d’altitude. Jugé obsolète, il fut remplacé par un nouveau phare se trouvant en contrebas, à 87 mètres d’altitude. Le paysage est extraordinaire : le jeu de couleurs entre l’océan turquoise, la roche des falaises, la verdure et le rouge des fleurs vous laisse sans voix. Nous avons ensuite rejoint le cap proprement dit. Sur le chemin, nous avons croisé des babouins, puis des élands, antilopes imposantes à la robe beige ou marron et aux cornes assez courtes légèrement torsadées. Nous n’avons pas échappé aux hordes de touristes que venaient déverser des bus, et avons dû attendre une accalmie relative pour pouvoir profiter pleinement de cet endroit extraordinaire. L’air y est très vivifiant. Un double panneau indique entre autres le nom du site ainsi que sa latitude et sa longitude. D’ailleurs, sachez que contrairement à une idée reçue très répandue, il ne s’agit pas de l’endroit le plus au sud du continent, titre qui revient au Cap des Aiguilles dans l’Overberg.
Finalement, nous avons rejoint la ville du Cap en empruntant la splendide route côtière Chapman’s Peak Drive, qui nous rappelait la Clarence Drive Scenic Route. Nous nous sommes arrêtés sur un point de vue qui s’ouvrait sur un paysage pittoresque de falaises déchiquetées torturées par l’assaut des vagues de l’Océan Atlantique. Un artiste exposait quelques paniers en osier colorés sur une murette. Nous avons profité de la vue quelques minutes.
L’avant-dernier jour, nous nous sommes dirigés vers le nord dans les terres pour visiter les Winelands (Région des Vins). Les paysages sont superbes, très verdoyants. Cette partie de l’Afrique du Sud est pétrie d’influences européennes. D’ailleurs, nous nous sommes arrêtés dans un village nommé Franschhoek, aux indéniables accents français comme le nom l’indique. De plus, des rues et des propriétés portent des noms français, de même que certaines galeries d’art et boutiques, et certains bars et restaurants. Cela s’explique par l’établissement des Huguenots exilés de France durant le 17ème siècle. Un musée leur est dédié, assorti d’un monument s’élevant tout près. Flâner dans ses rues est très agréable. L’endroit exsude une douceur de vivre et une certaine insouciance. Nous avons aperçu dans une propriété privée une statue en bronze de Nelson Mandela. Nous avons terminé avec une dégustation au domaine Plaisir de Merle à Simondium, quelques kilomètres plus loin. La propriété est vraiment immense et le cadre est superbe. Elle comprend plusieurs dépendances à l’architecture sobre et soignée. La dégustation se passait dans un grand salon avec mobilier de style. Nous avons goûté des vins de qualités issus de prestigieux cépages tels que le Merlot et le Cabernet-Sauvignon, le tout pour une somme modique ! Nous avons constaté que la réputation des vins sud-africains était loin d’être usurpée.


Publié le 18 novembre 2019