U.S.A. (2017)

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Le 3 août 2017, nous nous trouvions à Central Park à New-York, plus précisément sur le magnifique belvédère qui donne sur le lac et Bethesda Fountain (photo). Nous profitions de cette superbe vue au sein d’un cadre idyllique, savourant chaque seconde de ces instants privilégiés le cœur léger. Un son soudain rompit brutalement la quiétude ambiante : les premiers accords du titre «Dirty Little Secret» de The All-American Rejects - l’un de nos groupes préférés depuis de nombreuses années - à un volume élevé, soulevant les cris enjoués d’une foule en délire. Alors, nous avons réalisé : il s’agissait de l’un des concerts de leur tournée américaine avec The Social Animals, The Maine et Dashboard Confessional. Il se déroulait sur SummerStage (scène d’été), toute proche. Nous avions réservé des places pour leur concert à Boston le 6 août. Au moment d’organiser note voyage, nous avions hésité entre ces deux concerts. Nous avons finalement opté pour celui de Boston pour plusieurs raisons : les places étaient moins chères, l’amphithéâtre était couvert en cas de mauvais temps, et nous pensions que comme New-York est bien plus grande que Boston, il y aurait davantage de choses à voir et à faire et donc pas de temps à consacrer pour ce show. Le seul inconvénient est que le groupe The Maine n’était pas à l’affiche.
Du coup, nous avions complètement oublié ce concert new-yorkais et n’y pensions plus du tout, d’autant plus que nous étions pris dans l’exaltation de la découverte de la Grande Pomme. Voilà pourquoi il était si extraordinaire de se retrouver à cet endroit précis juste au moment où The All-American Rejects entamait son premier morceau. Quelle heureuse coïncidence ! C’était tellement inattendu ! C’est l’un des premiers groupes sur lesquels J.R. et moi avions flashé au début des années 2000. Leur musique nous accompagnait dès nos premières virées sur le Bassin d’Arcachon, puis plus tard lors de nos voyages à l’étranger. Si à l’époque on nous avait dit que nous nous retrouverions une douzaine d’années plus tard à Central Park à New-York, U.S.A. à vivre ce moment exaltant avec eux ! Quel bonheur !.. Ce moment était doublement génial, car non seulement nous nous réjouissions de l’instant présent, mais nous étions également heureux d’avance en pensant au show du 6 août à Boston.

Le jour venu, nous revenions de Cambridge après avoir visité la prestigieuse Harvard University. Lorsque nous avons pénétré dans l’enceinte du BOA Pavilion (photo), nous avons eu la désagréable surprise de constater que le groupe The Social Animals avait déjà commencé son show. Pourtant, il n’était pas encore 19h00, heure prévue du début du concert. Heureusement, nous étions en avance et n’avons loupé que quelques minutes. Ils ont joué jusqu’à 18h50. Nous sommes alors allés nous balader un peu dans le vaste espace devant l’amphithéâtre où se tenaient divers stands, en attendant le groupe suivant que nous pensions être The-All American Rejects, comme prévu.  Or, nous avons eu une très bonne surprise en consultant le programme du concert affiché dans l’un des stands : nous avons réalisé avec bonheur que contrairement à ce qui était prévu, The Maine figurait sur la liste... comme au concert de Central Park ! Voilà pourquoi The Social Animals avaient commencé à 18h30 au lieu de 19h00. Du coup, The Maine jouait à 19h00. Encore un heureux imprévu lié à ce concert !
Exaltés par cette bonne nouvelle inespérée, nous avons regagné nos places à la hâte. Leur partie fut mémorable ! Alors qu’ils jouaient le très dansant «Am I pretty ?», trois des ouvreuses vêtues de polos rouges ont improvisé une chorégraphie dans l’allée centrale dans une synchronisation parfaite. Ce moment était génial !.. C’était très sympa de les voir déconnecter de leur boulot quelques secondes pour s’éclater elles aussi. En tous cas, ça a fait l’unanimité au niveau du public. L’autre moment fort est arrivé durant «Girls do what they want (Boys do what they can)» : le chanteur a invité un spectateur sur la scène parce que c’était son anniversaire, après avoir demandé à un agent de sécurité de lui donner un backstage-pass. Il lui a prêté son micro pour lui faire chanter le refrain. Bon, il chantait comme une casserole, mais il s’est fait le kif de sa vie !!! C’était très cool de leur part. Il s’en souviendra longtemps !
Ensuite, nous sommes encore allés nous balader, prenant le temps d’aller admirer le Waterfront éclairé se reflétant sur la moire lisse du Boston Harbor dans la douceur nocturne. Puis est arrivée la partie tant attendue de The All-American Rejects. Si The Maine avait largement chauffé l’amphithéâtre, ils y ont carrément mis le feu ! L’ambiance battait son plein. Ce fut également mémorable. Finalement, Dashboard Confessional - têtes d’affiche - ont clôturé cet excellent concert, nous gratifiant d’un show essentiellement composé de morceaux acoustiques, ce qui nous a permis de nous rendre compte de la performance vocale extraordinaire du chanteur : sa voix était chaude et puissante ; elle sonnait très juste, et nous avons été abasourdis par sa capacité à descendre dans les graves et monter dans les aigus, et surtout à tenir les notes très longtemps. Bien sûr, ils nous ont joué quelques titres pêchus, notamment pour le rappel, invitant tout le monde à se rapprocher de la scène pour un final de folie !
Ces quelques heures ont été parmi les meilleures du trip. Nous avions déjà été à des concerts de ce genre en France, mais voir ces groupes évoluer dans leur pays d’origine prend une toute autre dimension. De plus, il n y’a pas la barrière de la langue entre les musiciens et leur public. Du coup, c’est tout le monde qui chante à l’unisson avec le chanteur dans une émotion très communicative. C’est vraiment très prenant. Et puis, pour les mêmes raisons, les groupes communient plus avec le public que dans des pays étrangers de langue différente comme le nôtre, le faisant rire, le faisant participer davantage.
Alors que mes amis partaient pour rejoindre la voiture dans le parking, je suis resté pour m’acheter un t-shirt de The All-American Rejects dans un stand, partagé entre le bonheur d’avoir assisté à ce show, et la tristesse qu’il soit terminé. Dans mon imagination, j’entendais encore la musique, les acclamations du public, déjà conscient que ces quelques heures passées faisaient déjà partie des meilleurs moments de ma vie de voyageur.
Puis, j’ai rejoint mes amis sur le parking. La sortie était embouteillée car chaque conducteur s’acquittait de la somme due à la sortie par carte bancaire. Mais nous n’y voyions aucune contrainte car cela nous permettait de rester dans l’ambiance. Et quelle ambiance ! Tout le monde s’amusait à l’intérieur ou autour de sa voiture. Nous avons ouvert le toit de la nôtre, et nous sommes assis sur le rebord avec J.R. Nous en avons profité pour déployer notre banderole «Enjoy the ride». Nous ne loupons pas la moindre occasion pour assurer notre promotion ! Nous avons mis la musique à fond sur l’autoradio. Nous nous amusions comme des fous, comme tout le monde autour de nous. Près de nous, un gars légèrement éméché et complètement déchainé ne cessait de sortir de la voiture de sa copine pour s’enfermer dans le coffre. Il a fait ça plusieurs fois, déclenchant les rires de tous. Puis, il est venu nous parler. Nous nous sommes présentés mutuellement et au bout d’un moment, il a dit «I love you» à chacun d’entre nous. En fait, il le disait à tout le monde qu’il croisait. Il nous a beaucoup fait rire. Il avait manifestement l’alcool joyeux. Nous aurions aimé lui faire signer la banderole pour garder un souvenir de lui et de notre rencontre, ce qui est le but de ce produit dérivé. Mais vu son état d’ébriété, nous craignions qu’il fasse n’importe quoi dessus avec le marqueur permanent.
Il nous a finalement quittés en nous répétant «I love you», accompagné d’un «Be safe». Finalement sa copine est venue le chercher. Elle semblait à la fois amusée et dépitée de ses facéties. Elle commençait à avoir sa dose et voulait partir. Nous avons fait rapidement connaissance avec elle et avons discuté quelques instants. Puis elle a gentiment demandé à son copain de retourner dans sa voiture, pour la énième fois. Le problème, c’est qu’il s’exécutait à chaque fois, mais ne restait que quelques secondes à l’intérieur pour ressortir et aller à la rencontre d’autres personnes dans le parking... ou alors pour aller s’enfermer de nouveau dans le coffre. Sa copine n’en pouvait plus. Elle est finalement ressortie à son tour excédée pour aller lui dire de sortir de là et de remonter dans la voiture, et surtout d’arrêter définitivement tout ce cirque. Certes, nous étions morts de rire face à cette situation, mais nous la comprenions.
L’amusement général dans le parking a encore duré quelques minutes, puis sommes finalement rentrés avec déjà un petit brin de nostalgie, en évoquant ces instants fabuleux très récents. Ce concert était extraordinaire avant, pendant et après. En fait, depuis ce moment inattendu à Central Park à New-York jusqu’à cet épisode cocasse dans le parking. Cette soirée restera inoubliable. Nos pouvions difficilement mieux achever notre séjour à Boston, et aux U.S.A. de manière générale.


Publié le 4 janvier 2019