Belgique

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En 2015, nous nous sommes rendus en Belgique, projet que nous avions dans un coin de la tête depuis quelques mois. En effet, J.R. vivant en région parisienne depuis septembre 2013, ce charmant petit pays lui est facilement accessible le temps d'un court séjour. D'ailleurs, il s'était laissé tenter de son côté à deux reprises, et les souvenirs qu'il en a gardé nous ont conforté dans notre désir d'y aller ensemble, et de gonfler par la même occasion notre «palmarès». Alors, nous sommes partis pour un week-end rallongé fin mai dans la superbe région des Flandres, depuis laquelle nous avons fait une petite excursion aux Pays-Bas, plus précisément à Breskens et Sluis.
Nous avons notamment visité deux villes incontournables et chargées d'histoire qui rivalisent de beauté : Gand et Bruges. Nous avons été émerveillés par les paysages d'une campagne verdoyante et très fleurie sous le soleil printanier, dans laquelle s'égrènent des fermes très typiques, des châteaux, des abbayes, ainsi que des digues et des canaux. Quelques moulins ayant traversé l'épreuve du temps s'y élèvent majestueusement. C'est pourquoi le terme de «plat pays» nous a paru très réducteur. Déjà, il ne concerne que la partie Nord de la Belgique, essentiellement constituée de plaines. La partie Sud est plus vallonnée, voire montagneuse par endroits. Mais surtout, il est susceptible de donner un à priori négatif sur ces terres qui regorgent de beauté et de caractère. Mais le peuple belge semble s'en accommoder, car très humble et doté d'un grand sens de l'humour et de l'autodérision, ce qui n'altère en rien la fierté de ses origines. Nous y avons rencontré des gens simples et accueillants, croisé des sourires chaleureux et sincères.
Puis, nous nous sommes rendus à Bruxelles à la mi-octobre le temps d'un autre weekend rallongé qui s'est achevé à Mons, Capitale Européenne de la Culture 2015. Sincèrement, la capitale nous a moins plu que Bruges et Gand, mais c’est très relatif : il est indéniable qu'elle souffre de la comparaison avec les deux cités des Flandres, mais elle regorge cependant de nombreux trésors, le plus médiatisé étant naturellement sa somptueuse Grand Place.
En avril 2018, nous avons passé deux ou trois jours à Courtrai dans la Flandre Occidentale. Nous avons également visité Ypres, tout aussi charmante, et sommes retournés avec bonheur à Gand.
En  juillet 2020, nous sommes partis pour cinq jours à Anvers en train ; cette superbe ville a également été le point de départ pour nous rendre à Louvain, Malines et Lier en utilisant le même moyen de transport. Nous envisagions depuis longtemps de nous déplacer de cette façon dans un pays étranger : c’était donc une grande première. L’autre grande première fut notre présence dans un pays étranger le jour de sa fête nationale. Malheureusement, les festivités étaient très réduites à cause des restrictions découlant de la pandémie Covid-19. Quel dommage !..
D’autre part, nous avons été agréablement surpris par la place importante accordée aux bicyclettes dans ce pays. Elles sont très nombreuses, et les cyclistes sont respectés. Dans les grandes villes, leur omniprésence adoucit l’atmosphère, et ça se ressent dans l’humeur et le comportement des gens, plus cool, moins stressés et moins agressifs. C’est forcément appréciable pour les locaux et les visiteurs.
En tous cas, ces courts séjours nous ont donné envie d'y retourner régulièrement, car même si c'est un petit pays, la Belgique est très riche et très diversifiée dans de nombreux domaines. Ses régions ont chacune leur caractère et leur histoire, parfois tourmentée. C'est pourquoi elle peut se découvrir par étapes au fil du temps.  

  



Flandre Orientale

  • Gand

La ville de Charles Quint est d'une beauté incontestable qui tient la comparaison avec celle de Bruges. Elles ont en commun leurs centres historiques aux ruelles pavées, leurs façades de brique coiffées de pignons à redans et leurs canaux, ce qui leur confère un charme indéniable. Cependant, Gand est plus étudiante donc plus animée, et par ailleurs moins touristique. Elle n'a pas le côté «ville-musée» de la Venise du Nord et de ce fait est un peu moins prisée. Pourtant, les édifices historiques et institutions culturelles ne manquent pas. Elle comprend deux forteresses médiévales, des églises et abbayes, des béguinages et de nombreux musées. Elle est encore plus belle de nuit lorsque ses superbes façades illuminées se reflètent sur l'eau lisse des canaux. Ses grandes places entourées de ruelles typiques sont somptueuses. Gand est résolument multiculturelle, moderne et éclectique. De même que ses alentours, c'est à pied ou à vélo qu'elle se découvre le mieux. Elle appelle à la flânerie, car même si elle est très dynamique, on a envie de s'attarder dans chacun de ses recoins pour profiter de l'instant présent et s'imprégner de son ambiance.
 
Le Beffroi, édifié au XIVème siècle, domine le Centre Historique (photo) de ses 91 mètres de hauteur. Son carillon comprend 53 cloches, le tout actionné par un impressionnant mécanisme. À sa base, la Halle aux Draps, qui date du XVème siècle, n'a pourtant été achevée qu'au début du XXème siècle. Elle est de style Gothique Tardif. Tout près se tient le Théâtre Royal Néerlandais. Vous apercevrez sur sa superbe façade Renaissance la Déesse de l’Harmonie ainsi qu’Apollon et les Muses. La Cathédrale Saint-Bavon, de style Gothique Brabançon, abrite une crypte de style Roman. Les autels y sont nombreux, mais son attraction principale reste la fameuse peinture de «L'Agneau Mystique». Elle renferme d'autres œuvres d'art, notamment des tableaux et des sculptures. Sa tour est presque aussi haute que le Beffroi, qu'elle dépassait lorsqu'elle était encore pourvue de sa flèche. L’Église Saint-Nicolas a été édifiée dans un style Gothique Scaldien en pierre bleue de Tournai. Elle renferme un mobilier Baroque. Au sommet de la Maison des Maçons, des Danseurs Morisques semblent se trémousser avec élégance. Le Château de Gérard le Diable est un impressionnant bâtiment du XIIIème siècle en plein centre-ville. Il abrite aujourd'hui les Archives Nationales. Le Quai aux Herbes et le Quai aux Graines se font face aux abords d'un canal, arborant leurs superbes façades. Il s'agit à notre sens du plus bel endroit de la ville de nuit, lorsqu'il est habillé d'une douce lumière qui appelle à la contemplation et la rêverie.
Difficile de manquer le Château des Comtes (Gravensteen) en vous baladant dans le quartier Patershol. À l’instar du Château de Gérard le Diable, il s’agit d’un édifice aux dimensions impressionnantes situé en plein centre-ville. Château fort du XIIème siècle avec ses créneaux et ses tourelles, il renferme une insolite collection d’instruments de torture. Il est possible de marcher sur le mur d’enceinte et de jouir ainsi d’une vue imprenable sur la ville. La Maison Alijn est un ensemble de belles demeures aux façades immaculées qui renferme le Musée des Traditions Populaires Flamandes, un béguinage en miniature et un théâtre de marionnettes. L’Ancien Béguinage Sainte-Élisabeth a été fondé en 1242 et détruit en 1874. Ce qu’il en reste s’articule autour d’un petit parc agréable : une église et des maisonnettes de brique rouge dont certains murs sont blanchis à la chaux. Le silence prenant qui habite les lieux est d’autant plus appréciable en centre-ville. Les Tours du Rabot constituent un castel du XVème siècle. Dressées au bord du Canal de la Lieve, elles servaient d’écluse, ce qui pour l’époque était une véritable prouesse. D’allure massive, leurs toits pointus leur confèrent pourtant un certain esthétisme.
Dans le quartier De Zuid, le SMAK (Musée Municipal d'Art Contemporain) est un immanquable. On comprend pourquoi il fait la fierté de la ville. Les courants artistiques contemporains les plus populaires y sont représentés et des expositions de prestige y sont régulièrement tenues. Non loin, le MSK (Musée des Beaux-arts), en plus de son esthétique irréprochable est très fonctionnel. Il comprend entre autres un amphithéâtre et une bibliothèque. Le Jardin Botanique de l'Université, l'un des nombreux espaces verts de Gand, renferme une variété considérable de plantes. L'Abbaye Saint-Pierre a été bâtie au XVIIème siècle sur l'ancienne abbatiale Romane qui datait du VIIème siècle. Le site comporte des ruines, ainsi que des jardins et des vignobles. Son Centre d'Art propose de nombreuses expositions temporaires. Le Petit Béguinage Notre-Dame Ter Hoyen à été fondé au XIIIème siècle. Il abrite à présent des habitats et ateliers d’artistes. Les murs blanchis à la chaux contrastent avec les façades de brique rouge et brune des bâtisses. Ses pelouses sont par endroits tapissées de jonquilles dont le jaune éclatant donne de la vie à l’endroit très paisible. Enfin, la Ruelle de Verre est le lieu insolite du quartier, voire de la ville : recouverte d'une coupole de verre, vous y apercevrez des filles de joie vous lançant des œillades lascives derrière des vitrines.
L’Abbaye de Saint-Bavon, située dans le quartier Portus Ganda, a été fondée au VIIème siècle. Charles Quint la fit détruire presque entièrement au XVIème siècle pour faire édifier le Château des Espagnols. Cependant, l’ancienne église abbatiale a été reconstruite. Le Grand Béguinage Sint-Amandsberg est le plus récent des trois béguinages de la ville, puisqu’il a été fondé en 1874 lorsque l’Ancien Béguinage Sainte-Élisabeth fut détruit, afin d’en accueillir les béguines. Il est également le plus vaste : il comportait notamment des couvents, une église, une chapelle et une infirmerie. Il a été transformé en une très charmante cité résidentielle.
Le Citadelpark est un parc municipal aménagé en 1875 sur les vestiges de l’ancienne Citadelle Hollandaise. On peut d’ailleurs apercevoir par endroits des restes de casemates. Il est très agréable, et la diversité de ses arbres lui confère une richesse botanique remarquable. Son kiosque à musique ancien est splendide.
Nous avons séjourné dans l’hôtel Chalet de Malte, enchâssé dans l’écrin de verdure de Maaltepark, situé à l'entrée de la ville côté Sud-ouest. L’établissement, très typique, est pétri d’un charme désuet, très authentique. Dans le hall d’entrée se tient un vieux piano. À l’intérieur de notre chambre se trouvaient des fauteuils de style, un échiquier et une bibliothèque renfermant une vieille encyclopédie. Nous étions d'autant plus agréablement surpris qu’il s’agissait d’un hôtel 2 étoiles. L'accueil était très chaleureux. Le petit déjeuner et le service étaient de grande qualité. Nous avons également profité du cadre idyllique du parc, havre de paix aux couleurs douces et variées qui nous a permis de nous déconnecter de la ville le temps d’une balade.

  


Flandre Occidentale

  • Bruges

La «Venise du Nord» est souvent considérée comme la plus belle et la plus romantique des villes du pays. Dès qu'on pénètre dans son centre-ville, on comprend pourquoi. Flâner au beau milieu de son somptueux décor de l'époque médiévale ressemble à un voyage dans le temps et est très dépaysant. Les nombreux canaux qui s'y enchevêtrent lui confèrent une atmosphère féerique, surtout la nuit, lorsqu'elle se pare d'une douce lumière sous les éclairages tamisés. Une balade en bateau vous permettra de la voir sous un angle différent, passant sous ses innombrables ponts pétris de charme et découvrant ses jardins secrets. Naturellement, elle est victime de son succès durant les vacances, weekends et jours fériés, et on assiste à un défilé quasi-permanent de nombreux piétons, cyclistes et calèches. Ceci dit, elle a su conserver un charme authentique. Ses édifices historiques et culturels semblent avoir traversé l'épreuve du temps et surtout résisté aux affres du tourisme de masse. Les Brugeois sont agréables, serviables et enjoués. Cela ne fait qu'ajouter à l'impression de douceur de vivre que dégage la ville. Contrairement à Gand, il ne s'agit pas d'une ville étudiante. Elle ne partage donc pas la même vie nocturne débridée. La restauration est de qualité. Bien sûr, les inévitables boutiques de chocolats et de dentelles sont nombreuses, de même que les antiquaires, les brocanteurs et les galeries d'art.
       
Le Centre Historique, qui s'articule autour de la Grand Place (Grote Markt) (photo) et du Burg, regroupe naturellement le plus grand nombre de monuments. Il figure sur la liste du Patrimoine de l'Humanité de l'Unesco. Il regorge de musées, mais sachez que ceux-ci ferment assez tôt. Le Beffroi s'élève sur la Grand Place pour dominer la ville de ses 83 mètres. Son carillon comporte 47 cloches. Son ascension est physique, mais le jeu en vaut la chandelle, car la vue panoramique sur Bruges est à couper le souffle. Le Burg est l'autre place incontournable de la ville. Son Hôtel de Ville du XIVème siècle est un trésor d'architecture Flamande-Brabançonne. Il est coiffé de tourelles et de superbes armoiries décorent la façade sur laquelle se multiplient de hautes et étroites fenêtres. N’hésitez pas à y pénétrer pour aller visiter la Salle Gothique agrémentée de somptueuses fresques de la fin du XIXème siècle. Toute proche, la magnifique Basilique du Saint-Sang, de style Néo-Gothique, englobe la Chapelle Saint-Basile, de style Roman. Toujours sur le Burg, Franc de Bruges est un monument de style Classique qui abrite le Palais de Justice et une somptueuse salle de style Renaissance. À l’instar de la capitale, Bruges a son propre Musée du Chocolat. Ceci dit, son Musée de la Frite est tout aussi instructif en plus d’être ludique.
Le Béguinage, véritable village dans la ville, jouit d’un incomparable cadre bucolique. Il est globalement plus calme que le centre mais draine presque autant les foules. Comme figé dans le temps, il vous transporte quelques siècles plus tôt vers une époque révolue. Ses façades traditionnelles blanchies à la chaux lui confèrent un cachet bien particulier que l'on ne trouve qu'en Europe du Nord. Son petit jardin, havre de verdure agréablement ombragé est d'un calme souverain. Vous ne resterez pas insensible au romantisme et à la rêverie qui se dégagent du Parc du Lac d'Amour et de ses superbes allées arborées plantées essentiellement de peupliers.
À l'Est de la ville, Sainte-Anne - son plus vieux quartier - se situe entre le Centre Historique et le Canal de Gand-Ostende, le long duquel s'y égrènent les moulins conservés. Ceux-ci sont au nombre de quatre, seuls rescapés de tous ceux qui furent édifiés le long des remparts du XIIIème au XIXème siècle. C'est un lieu résidentiel peu visité, ce qui lui a valu le surnom de «coin oublié». Mais son calme est justement appréciable et son atmosphère est propice aux longues balades loin des sentiers balisés du tourisme. Il comprend tout de même quelques musées et lieux de culte attractifs, notamment le Centre de la Dentelle et le Couvent Anglais.
À l'Ouest, 't Zand, bien que dynamique, est méconnu de la plupart des visiteurs. Ceux-ci se contentent en effet de s'y rendre en début de séjour pour recourir aux services de l'Office du Tourisme, puis le délaissent pour le Centre Historique et le Béguinage. Il est surtout réputé pour sa grande place bordée de cafés et restaurants, et sa salle de spectacles : le Concertgebouw.


  • Damme

Située dans les polders verdoyants à quelques kilomètres au Nord-Ouest de Bruges, Damme est une petite ville historique pittoresque. Elle se trouvait autrefois au bord de l'ancien estuaire du Zwin et était reliée par un chenal à la Mer du Nord. Elle fut un avant-port important de la «Venise du Nord» et se développa en même temps qu'elle. Elle commença à décliner suite à l'ensablement du Zwin. Malgré sa petite taille, elle possède de nombreux monuments : l'Hôtel de Ville de style Gothique sur la Place du Marché, l'Hôpital Saint-Jean édifié au XIIIème siècle, la Maison de la Grande Étoile qui abrite désormais l'Office de Tourisme, le Musée Uilenspiegel et l'Église Notre-Dame. À ceux-ci s'ajoutent l'Ancien Marché aux Harengs, les anciens remparts, le moulin à vent (photo), et de vieilles fermes au charme désuet. Le cadre naturel y est idyllique et enchanteur. Les polders verdoyants et les arbres fruitiers côtoient les champs fleuris et des criques naturelles. Le long du canal principal glisse paisiblement un bateau à aubes.


  • De Haan (Le Coq sur Mer)

Ne nous voilons pas la face : la côte Belge est excessivement urbanisée. Étirée sur presque 70 kilomètres, elle est bétonnée sur sa quasi-totalité. Les stations balnéaires s’égrènent, reliées par un tramway qui les dessert toutes sur pas moins de 70 arrêts ! Les édifices modernes assez laids y ont englouti les quelques bâtiments de style ayant survécu. Heureusement, une réserve naturelle s’étend près de chaque frontière (Française et Hollandaise). Elles permettent de jouir d’espaces côtiers préservés.
En outre, deux stations sortent du lot pour avoir conservé une indéniable authenticité : Knokke et De Haan (Le Coq sur Mer). Nous avons visité cette dernière lors d’un beau dimanche ensoleillé. Et nous avouons avoir été charmés. Le temps semble s’y être arrêté dans les années 1930. Des villas s’élèvent fièrement au milieu de jardins fleuris et verdoyants, témoins d’une époque qui semble subsister dans cette petite ville côtière enchanteresse. Le site est classé et laisse la part belle entre autres aux bâtiments Anglo-Normands comme le Grand Hôtel Belle Vue, ou de style Art Déco comme l’Hôtel Astoria. La station de tramway arbore sa superbe façade Belle Époque.


  • Courtrai

Située dans le Westhoek, région frontalière avec le Nord de la France, Courtrai fut fondée à l’époque Romaine. Théâtre de nombreuses invasions, son calme et sa douceur de vivre contrastent avec son histoire tourmentée. Les édifices médiévaux y sont légion, la ville ayant prospéré à cette époque grâce à l’industrie du lin. Elle est réputée pour ses musées, notamment le Musée de la Lys et du lin, et Kortrijk 1302, consacré à la Bataille des Éperons d’Or en 1302 qui prend une part importante dans l’histoire du pays. Ses centres culturels sont tout aussi remarquables. La mode n’est pas en reste et les boutiques chics y occupent une place prépondérante. Enfin, elle sait sortir de sa léthargie bienheureuse à la faveur de fêtes populaires très courues.
L’Hôtel de Ville de style Gothique Tardif datant du XVIème siècle est doté de superbes vitraux et de somptueuses fresques murales. Il est situé sur la Grand Place (Grote Markt), que nous n’avons malheureusement pas pu visiter car notre séjour coïncidait avec la fête foraine de Pâques qui en occupait la totalité. Nous pouvions malgré tout admirer le sommet de son Beffroi du XIIIème siècle surplombé par une statue de Mercure et pourvu d’un carillon dénombrant 48 cloches.
Nous avons été charmés par le Béguinage Sainte-Élisabeth (photo), véritable village dans la ville. Inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco, il regroupe une quarantaine de maisonnettes pétries de charme, et sa chapelle renferme un orgue datant du XVIIème siècle. Il comprend également un musée interactif. Il s’agit du plus beau béguinage que nous ayons visité.
On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec Baggaertshof, à quelques encablures de là, où quelques maisonnettes et une chapelle sont enchâssées dans l’écrin de verdure d’un très riche jardin botanique.
L’Église Saint-Martin et la Chapelle Sainte-Anne renferment de nombreuses œuvres d’arts, notamment des tableaux de grande valeur. Elles ont été maintes fois restaurées voire reconstruites au fil des siècles, de même que l’Église Notre-Dame et la Chapelle des Comtes, qui abritent entre autres chefs d’œuvres la somptueuse Statue de Sainte-Catherine.
Les silhouettes massives des Tours Broel s’élèvent de part et d’autre de la Rivière Lys juste devant le pont qui l’enjambe. Elles témoignent du passé de Courtrai comme ville fortifiée.
Au cœur de la Lys, l’Île de Buda est le centre névralgique de l’art contemporain à Courtrai. Diverses expositions et divers ateliers y prennent place. Un parc de détente permet à de nombreux visiteurs de venir se ressourcer, et de profiter d’une véritable ambiance de plage lors de la belle saison.


  • Ypres

Également située dans la région du Westhoek, Ypres a prospéré durant le Moyen Âge grâce à l’industrie drapière, à l’instar de ses grandes sœurs Bruges et Gand. Ravagée durant la Grande Guerre, elle a été reconstruite à l’identique avec une minutie remarquable, à tel point que l’on pourrait croire que tous les édifices sont d’origine si l’on n’est pas un expert en architecture. La Cathédrale Saint-Martin, de style Gothique, en est le parfait exemple avec les époustouflants détails architecturaux de sa façade, de même que la somptueuse et imposante Halle aux Draps sur la Grand Place (Grote Markt), où s’égrènent des édifices de styles Baroque, Classique et Néo-Classique. Le Beffroi de style Néo-Flamand toise de ses 70 mètres cet ensemble architectural dont la beauté n’a d’égale que la démesure. Il renferme un carillon composé de 49 cloches.
Le Musée In Flanders Fields ravive les souvenirs douloureux de la Première Guerre Mondiale, dont la ville a beaucoup souffert, grâce à une collection de pièces et des témoignages poignants. Quant au Musée de l’Hospice Belle, ancien hospice comme le nom l’indique, il renferme de nombreuses pièces de valeur, la plus remarquable étant un tableau de la Sainte-Vierge du XVème siècle.
Les Remparts sont très bien conservés, et une visite s’impose. Elle s’étend sur 2,6 kilomètres (photo), des casemates à la poudrière du XIXème siècle, et traverse des lieux chargés d’histoire témoignant du passé tumultueux de la petite ville.
 

Province d'Anvers

  • Anvers

 
- Centre Historique et alentours
 
Nous nous sommes rendus dans cette ville magnifique en train, arrivant à la Gare Anvers-Central, classée au Patrimoine de l'Unesco, et considérée à juste titre comme l’une des plus belles au monde. Elle est de surcroît très longue et comporte quatre niveaux. Son architecture Néo-Baroque est extraordinaire, à l’extérieur et surtout à l’intérieur, où son hall restauré est un vrai bijou. Elle est coiffée d’une impressionnante coupole. D’autre part, le long viaduc des voies surélevées qui y mènent est lui aussi un chef-d’œuvre. Elle fait face au Quartier des Diamantaires. En effet, Anvers est la plaque tournante mondiale du commerce du diamant. De nombreuses bijouteries et ateliers s’y égrènent. Derrière la gare s’étend le Parc Zoologique. La grande entrée arbore fièrement ses grilles et piliers agrémentés de mosaïques et coiffés de statues d’animaux, le tout dans un beau style Art Déco. Elle donne sur un petit parc très agréable, puis l’entrée du zoo proprement dit.
Pour rejoindre le Centre Historique depuis la gare Anvers-Central, on emprunte le Meir, grand axe piéton et cycliste bordé de somptueux édifices, où s’égrènent commerces, bars et restaurants. Juste avant, on se pâme d’admiration devant les bâtiments se situant entre les statues des peintres David Teniers et Antoon van Dyck : mêlant Néo-Gothique et Art Nouveau, souvent cossus et imposants, ils témoignent de la richesse de la ville. Les sculptures et moulures sont splendides, de même que les statues perchées au sommet des toits. Le Meir lui-même jouit d’une architecture extraordinaire, notamment l’ancien Palais Royal de style Rococo, et le Stadsfeestzaal, grand centre commercial aménagé dans une salle de bal. La décoration intérieure est tout aussi impressionnante, avec ses verrières et ses dorures. Nous avons également emprunté de magnifiques passages dans diverses galeries. Nous nous sommes engagés dans de petites rues adjacentes pour y admirer de belles fresques murales. En ligne de mire s’élève fièrement Boerentoren (Tour des Paysans), un grand immeuble Art Déco, qui fut le premier gratte-ciel en Europe, et le plus grand du continent jusque dans les années 1950.
Une fois arrivés au Centre Historique, nous avons traversé Groenplaats, place rectangulaire qui est le cœur de la ville, puis nous nous sommes rendus à l’Hotel Postiljon, superbe bâtisse médiévale, où nous logions pour toute la durée du séjour. Il est situé tout près de la Onze-Lieve-Vrouwekathedraal, splendide cathédrale de style Gothique Brabançon. Malheureusement, cette dernière était en travaux : sa tour nord, haute de 123 mètres (la plus haute du Benelux), qui constitue le beffroi avec son horloge et son carillon, était entourée d’un impressionnant échafaudage avec un système très élaboré d’ascenseur coulissant. Tout près, la Grand Place (Grote Markt) s’étend dans une forme irrégulière qui fait toute sa singularité. Des maisons des XVIème et XVIIème siècles arborent leurs traditionnels pignons à redans. L’architecture de l’imposant Hôtel de Ville est un mélange de Gothique Flamand et de Renaissance Italienne. Au sommet de la Fontaine de Brabo s’élève la Statue de Silvius Brabo. Ce guerrier Romain est en effet un personnage historique de la ville : selon la légende, il a coupé la main du géant Druon Antigon qui pillait des bateaux sur l’Escaut. Il l’a ensuite jetée dans le fleuve, ce qui expliquerait le nom de la ville («handwerpen» signifie «jeter la main» en flamand).
Puis, nous nous sommes rapprochés de l’Escaut, large fleuve qui traverse la ville. Là, une longue plateforme de béton (Steenplein) surplombe le cours d’eau et aboutit à un restaurant. Des bancs s’y égrènent. Nous avons poursuivi la balade le long de l’Escaut pour aller admirer le Steen, le plus vieux bâtiment d’Anvers, qui est une partie d'un ancien château fortifié du début du XIIIème siècle situé sur la rive droite du fleuve. Malheureusement, il était lui aussi en travaux et inaccessible. En face s’élève le Musée Vleeshuis (Maison de la viande), bâtiment de style Gothique Tardif en brique rouge et en grès blanc qui abritait au Moyen Âge la Guilde des Bouchers d'Anvers. Aujourd'hui, c'est un musée consacré à 600 ans de vie musicale à Anvers et aux Pays-Bas.
Les édifices religieux ne sont pas en reste, et nous sommes notamment allés admirer l’Église Saint-Paul et surtout l’Église Saint-Charles Borromée et sa superbe façade Baroque sur la Place Hendrik-Conscience (Hendrik Conscienceplein), isolée et très agréable. Quant à la Chapelle Saint-Nicolas, elle abrite un théâtre de marionnettes et dispose d’une petite courette intérieure pétrie de charme et bordée de bâtiments anciens aux belles façades où se tient un restaurant. Non loin, nous sommes allés nous pâmer devant la magnifique architecture de Handelsbeurs, Ancienne Bourse du Commerce reconvertie en hôtel et en espace public : l’intérieur de style Néo-Gothique agrémenté d’un langage floral est somptueux. Une superbe ossature métallique vient étayer la pierre, et une splendide verrière recouvre l’édifice. Les murs et plafonds sont décorés de peintures, de boiseries ouvragées et de vitraux. L’activité boursière y a cessé et c’est à présent un lieu d’activité économique et culturelle, où se tiennent également un bar et un restaurant Belle Époque. L’endroit se spécialise dans l’événementiel et dispose également de salles multifonctionnelles.
Au nord de la gare Anvers-Central et du Parc Zoologique, nous avons traversé le Quartier Chinois, petit mais dépaysant. La porte d’entrée, très colorée, est superbe. Puis nous avons visité le Béguinage (photo) : on retrouve la traditionnelle brique rouge et les murs recouverts de chaux blanche, qui contrastent superbement avec la verdure du verger et de la pelouse. L’église s’élève parmi les maisons, qui s’égrènent discrètement derrière les clôtures de briques. Bien sûr, on ressent cette paix et cette sérénité propre à ce genre d’endroit dont on ne se lasse pas. Les rares vélos posés contre les murs viennent y ajouter un cachet. Nous nous sommes attardés pour profiter de cette ambiance unique.
Le dernier jour, nous avons décidé d’emprunter le Tunnel Sainte-Anne, qui date des années 1930 et permet de rejoindre le quartier du même nom sur l’autre rive de l’Escaut. Les escalators d’époque agrémentés de bois verni nous offrent un vrai voyage dans le temps ! Le souterrain fait 572 mètres de long, et s’y égrènent des photos d’époque en noir et blanc, notamment des clichés de la visite de personnalités sur le site, ou tout simplement des différentes étapes de sa construction. Une fois arrivés sur la rive opposée, on jouit d’une belle vue globale du centre-ville à distance.
Côté gastronomie, nous avons bien mangé à Anvers, avec une mention spéciale au restaurant De 7 Schaken. Ils y servent une très bonne carbonnade flamande, et d’excellentes joues de porc façon brabançonne avec une sauce à la bière. La décoration intérieure surannée est très agréable et très typique. Nous y avons même goûté le digestif local : l’élixir d’Anvers, à base de 32 plantes et agrémenté d’épices. Il est plutôt liquoreux et très goûteux.


- Autres quartiers
 
Nous avons d’emblée été séduits par le Quartier des docks (Het Eilandje), très bien réaménagé. C’est le quartier moderne de la ville, et les bars et restaurants y sont légion. Difficile de passer à côté du Museum aan de Stroom, grand musée qui s’élève au cœur d’un plan d’eau où quelques bateaux sont amarrés aux quais, notamment de beaux voiliers d’époque. Constitué de grès rouge dans une architecture avant-gardiste, il représente des containers empilés les uns sur les autres, et les grandes baies vitrées ondulées forment des vagues verticales. Nous avons eu la chance d’assister à la mise en action de Londenbrug, pont levant au mécanisme impressionnant. Non loin, le Park Spoor Noord est un vaste espace aménagé sur le site d’une ancienne gare de tri. On y trouve des jardins d’enfants, une piste de skate et de BMX, des jardins aquatiques et une halle couverte agrémentée d’une terrasse. Plus au nord, nous nous sommes retrouvés sur un chemin de terre qui longue un canal, et où s’égrènent de nombreuses terrasses de bars aménagés dans de nombreux entrepôts mitoyens aux pignons décorés de panneaux en métal ouvragé ajouré. Les décorations sont très variées et très décalées. C’est très coloré, très chargé, le tout avec une petite touche d’exotisme. Transats, chaises pliantes ou en fer forgé, arbustes, filets de pêche… tout y est. Mais le plus insolite reste la vieille camionnette jaune au charme désuet perchée sur un container. Trois superbes fresques murales s’étalent au début du chemin, comme pour nous souhaiter la bienvenue et nous mettre dans l’ambiance. L’endroit dégage une insouciance et une douceur de vivre très appréciables, et on est aux antipodes des sentiers balisés du tourisme. Nous n’avons pu résister à la tentation d’aller siroter une ou deux bières au Bar Paniek. En poursuivant, nous sommes passés devant l’étonnant édifice Nieuw Havenhuis, où une sculpture représentant un diamant géant recouvre le toit de l'ancienne caserne de pompiers : un mélange surprenant d’ancien et de moderne.
Puis, nous nous sommes rapprochés de l’Escaut pour nous poser quelques minutes au cœur d’un espace vert et boisé un peu sauvage au bord du fleuve qui fait face à Sint Annastrand, la petite plage du quartier Sainte-Anne. Nous pouvions d’ailleurs apercevoir quelques plagistes et baigneurs sur la rive opposée. De vieilles jetées en bois abandonnées apportent une touche de nostalgie et un charme désuet à l’endroit. Sur le retour, nous sommes passés devant le Droogdokkenpark, un espace vert urbain où les gens prennent du bon temps. Puis, nous sommes allés voir le Red Star Line Museum, musée qui retrace l’histoire de cette compagnie qui acheminait par voie marine de nombreux migrants qui fuyaient les infortunes diverses en Europe pour rejoindre les U.S.A. - notamment New-York - et tenter de réaliser leur rêve américain. Tout au moins, ils aspiraient à une vie meilleure. N’oublions pas qu’Anvers est l’un des plus grands ports d’Europe. Pour finir, nous sommes allés nous caler au Jardim Antwerpen, un bar très sympa au bord de l’Escaut où du sable a été déposé au sol. On peut se déchausser et siroter une boisson en profitant du contact agréable du sable sous nos pieds. L’ambiance est jeune et enjouée.
 
Au sud du centre, Zuid, le quartier branché, est peu prisé par les touristes. S’y balader est très agréable et on croise peu de monde en journée. Le Nouveau Palais De Justice (Nieuw Gerechtshof) étonne par son architecture résolument avant-gardiste qui détonne totalement des autres édifices : des voiles métalliques aux contours anguleux s’élèvent sur son toit. Le M HKA (Musée d’Art Contemporain) a quant à lui a été aménagé dans un ancien silo à grain. L’Église Saints-Michel-et-Pierre, composée de briques rouges, jouit d’une belle architecture. Cependant, ce sont bien les bâtiments de style Art Nouveau qui se distinguent dans ce quartier, notamment la Maison des Peuples, et surtout l’Immeuble des Cinq Continents : on repère de loin la proue d’un bateau à l’angle du premier étage qui fait office de balcon, coiffée d’une loggia circulaire avec sa belle marquise. C’est tout simplement impressionnant d’audace et de créativité ! En face, on admire les bow-windows en enfilade, qui forment une superbe perspective.
 
On descend à la gare Anvers-Berchem pour aller visiter l’extraordinaire quartier Zurenborg, lui aussi loin des sentiers balisés du tourisme. Il se situe au sud-est du centre. Nous nous sommes pâmés devant d’immenses et magnifiques édifices (essentiellement des hôtels particuliers) qui arborent fièrement leurs façades Art Nouveau témoignant du faste et de la grandeur de la Belle Époque, notamment dans les rues Cogels-Osylei (photo), Transvaalstraat et Waterloostraat. Les styles Néo-Classique et Éclectique y ont également leur place, composant ainsi un ensemble architectural époustouflant. Dans Waterloostraat, la Maison de la bataille de Waterloo, qui a donc donné son nom à la rue, vaut particulièrement le coup d’œil, tout comme la maison «Les mouettes». Au croisement avec General van Merlenstraat, quatre maisons se font face de part et d’autre du carrefour : l’architecture y est identique et chacune aborde le thème d’une saison de l’année avec une couleur différente. Ce quartier est encore plus impressionnant que Zuid, déjà très attractif. La Belgique est définitivement LE pays de l’Art Nouveau !


  • Lier

Située à une vingtaine de kilomètres d’Anvers, au confluent de la Grote Nete (Grande Nèthe) et de la Kleine Nete (Petite Nèthe), on la surnomme «la petite Bruges». Elle souffre forcément de la comparaison avec sa grande sœur, mais elle mérite malgré tout qu’on s’y attarde.
La rue d’Anvers, très agréable avec ses commerces et ses haut-parleurs qui diffusent de la musique, relie la gare à la très belle Grand Place (Grote Markt), plutôt étendue et dont l’originalité est sa forme triangulaire. Plus loin, nous avons admiré la Collégiale Saint-Gommaire, de style Gothique Flamboyant, puis les belles bâtisses qui s’égrènent le long de la Petite Nèthe (photo). Nous avons longé cette dernière, nous éloignant du centre pour rejoindre une zone arborée et herbeuse, où un héron cendré se ressourçait tranquillement au bord de l’eau. Au bout du sentier se trouve le Spui, ancienne maison d'éclusier construite au début du XVIème siècle. Deux bâtiments à écluse y virent le jour : le Groot Spui (grand bâtiment à écluse), et le Klein Spui (petit bâtiment à écluse) qui a disparu. Désormais, le Spui est utilisé comme salle d'exposition.
Nous nous sommes surpris à trouver cette petite ville plutôt animée, ce qui rendait la visite d’autant plus agréable. Nous avons longuement admiré la Tour Zimmer et sa superbe Horloge du Centenaire, véritable chef-d’œuvre et édifice emblématique de Lier. Immanquablement, nous avons pensé à l’Horloge Astronomique de Prague, toutes proportions gardées. Le Béguinage est petit mais très agréable. Au-dessus de sa porte d’entrée se trouve la Statue de Sainte-Begge, patronne des béguines.
Nous avons mangé à l’un des restaurants se situant sur la Grand Place, où j’ai goûté une excellente bière locale pour accompagner le repas, pour moi la meilleure de ce trip. Puis, nous sommes allés à une pâtisserie pour goûter à une autre spécialité locale : la Liers vlaaike : il s’agit d’un petit gâteau rond à base de sirop candy, de spéculoos et d’épices. C’est bon et ça tient au corps ! C’était une très bonne façon de conclure cette très agréable visite.


• Malines

Cette belle ville de plus de 86 000 habitants est située à une trentaine de kilomètres au sud d’Anvers. L’architecture y est riche et l’atmosphère très plaisante. Nous l’avons visitée le jour de la Fête Nationale.
Nous avons commencé par l’inévitable Grand Place (Grote Markt), qui porte bien son nom, car elle très spacieuse. L’Hôtel de Ville comprend la Halle aux Draps et le Palais du Grand Conseil de style Gothique Tardif. Tout près, nous avons admiré la Cathédrale Saint-Rombaut : son imposante tour atteint 97 mètres et elle comporte deux carillons de 49 cloches chacun. C’est devant ce superbe édifice que nous avons assisté à un petit défilé militaire avec fanfare, puis quelques minutes plus tard, au passage d’avions de chasse dans le ciel malinois.
La ville dispose de deux béguinages. Nous avons commencé par le Grand Béguinage. Il est différent de la plupart des autres, car il ne s’agit pas d’un espace clos. Il abrite une brasserie qui date du XIVème siècle et qui est encore en activité. Elle renferme un hôtel à la disposition des visiteurs. Puis, nous nous sommes rendus à la Kazerne Dossin, endroit chargé d’une partie sombre de l’histoire : il s’agit du lieu de départ de déportation de juifs, de roms et de sintis. Un wagon est même exposé devant le bâtiment. Le Petit Béguinage est très agréable. Son verger spacieux et pittoresque comprend de nombreux pommiers dont les branches croulent sous le poids des nombreux fruits.
Finalement, nous nous sommes éloignés du centre pour longer la rivière Dyle, qui traverse la ville. La balade était très agréable : quelques bateaux étaient amarrés aux quais, et de petites barques sommeillaient le long des murs de brique rouge. Au niveau du Haverwerf (Quai aux Avoines), nous sommes passés devant trois maisons mitoyennes colorées de style Médiéval. Elles rivalisent d’une beauté au charme singulier et désuet. La plus à gauche date du XVIième siècle : il s’agit de la Maison Saint-Joseph, de style Baroque. Celle du centre, la Maison du Diable, arbore sa superbe architecture Renaissance. La plus à droite, qui fait l’angle, est la Maison du Paradis : de style Gothique Brabançon, elle date du XVIème siècle. Son tympan dépeint la scène de la fuite d’Adam et Eve chassés du Jardin d’Eden.



Brabant Flamand

• Louvain

Louvain est une ville universitaire de plus de 100 000 habitants. Jeune et dynamique, elle jouit de surcroît d’une architecture extraordinaire. Elle abrite le siège d’Anheuser-Busch InBev, plus grande brasserie au monde, ce qui en fait la capitale nationale de la bière.
Le premier édifice que nous avons admiré en quittant la gare est la Chapelle du Séminaire Léo XIII, de style Gothique Brabançon en brique rouge avec une petite cour intérieure. Puis, nous nous sommes attardés au Grand Béguinage, qui porte bien son nom puisqu’il s’agit du plus étendu du pays (7 hectares). Il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Éloigné du centre, il est traversé par des petits canaux qui lui confèrent un attrait supplémentaire, de même que ses puits, fontaines et statues. La plupart de ses bâtiments comprennent des fenêtres à meneaux. Nous avons vraiment pris le temps de le visiter et de s’imprégner de son atmosphère apaisante.
Puis, nous nous sommes dirigés vers le centre en empruntant Naamsestraat, une longue rue rectiligne où s’égrènent divers collèges et autres établissements scolaires, dont certains privés avec tradition religieuse. Le Collège Américain fut fondé en 1857 pour former des prêtres et des séminaristes belges qui s’engageaient pour un travail de missionnaire aux U.S.A. Puis, il est devenu une résidence universitaire pour séminaristes américains étudiant à l’UCLouvain (Université Catholique de Louvain), le séminaire ayant cessé son activité en 2011. Le Van Dalecollege renferme une chapelle datant de 1571. L’Ancien Collège d’Arras, qui jouxte l’Université d’Économie, fut fondé en 1508 pour les écoliers démunis. Il abrite désormais le Bureau des Relations Internationales. Dans sa cour intérieure, on peut admirer De Kangxi-Verbiest hemelglobe, une sculpture de métal originale représentant un globe terrestre près d’une superbe véranda à l’ancienne en verre poli. En continuant, on aboutit au Parc Sint-Donatus, enchâssé dans son écrin de verdure, où s’élèvent des ruines.
Puis, nous avons admiré dans la même rue la superbe façade de l’UCLouvain, avant de rejoindre la Grand Place (Grote Markt). Curieusement, elle est peu étendue, mais l’architecture y est d’une beauté à couper le souffle, notamment l’Hôtel de Ville de style Gothique Flamboyant : un vrai chef-d’œuvre ! Sa façade dentelée arbore une multitude de statues enchâssées dans des niches. On accède à sa petite cour intérieure en passant par l’Office du Tourisme. En face s’élève la somptueuse Église Saint-Pierre, de style Gothique Brabançon.
Non loin s’étend la magnifique Place de l’Ancien Marché (Oude Markt) (photo). Plus d’une quarantaine de cafés et de restaurants s’y égrènent dans un alignement quasi-parfait, si bien que le lieu a hérité du nom symbolique de «plus long comptoir d’Europe». Louvain dispose en tout de presque deux-cents restaurants et cafés, ce qui la place en première position dans les Flandres.
L’Église Sainte-Gertrude, abbaye bénédictine fondée au tout début du XIIIème siècle, se repère de loin grâce à son imposante flèche de 71 mètres de haut. Elle jouit d’un superbe cloître à l’atmosphère très agréable. Tout près, le Petit Béguinage a été fondé dans la seconde moitié du XIIIème siècle. Certaines maisons ont été détruites au fil du temps, de même que l’église et la porte d’entrée. En revanche, la partie restante a été remarquablement restaurée.
Nous avons terminé avec la Bibliothèque Universitaire et son beffroi qui domine les toits de la ville et abrite le plus grand carillon des Flandres avec 63 cloches. De style Néo-Renaissance, elle se tient devant une place très étendue, où s’élève une amusante sculpture de mouche verte géante épinglée au sommet d’une aiguille tout aussi géante.



Bruxelles

La «Capitale de l'Europe», cosmopolite et accueillante, fait partie des villes immanquables. On vient de tous les coins du Vieux Continent – parfois du monde – pour la visiter et s'imprégner de son ambiance unique. Multiculturelle, multilingue, son extraordinaire diversité ne se dément pas. Son Centre Historique, qui s'articule autour de la Grand Place (Grote Markt) à la richesse architecturale remarquable, regorge d'autres incontournables comme le légendaire Manneken-Pis, la Cathédrale Saint-Michel, les Galeries Saint-Hubert... Cependant, les autres quartiers valent aussi le détour et jouissent eux aussi d'une certaine animation, les anciens faubourgs de la ville étant très vastes. Si vous vous intéressez à l'architecture et que les courbes opulentes et débridées de l'Art Nouveau ne vous laissent pas insensibles, sachez que Bruxelles et sa périphérie comprennent de nombreux édifices de ce style, notamment à Ixelles et Saint-Gilles, où se trouve le Musée Horta dédié à Victor Horta, l’un des maîtres incontesté de cette mouvance. Les espaces verts ne sont pas en reste, avec parcs et jardins, et surtout une forêt à l'orée de la ville. Bien sûr, les boutiques de chocolat et les estaminets ou brasseries où la bière coule à flot sont légion. Également ancrée dans le patrimoine du pays, la bande dessinée est à l'honneur dans toute la ville, que ce soit dans les établissements dédiés tel que le Centre Belge de la Bande Dessinée ou sur les nombreuses fresques murales disséminées à travers les quartiers.
 

  • Centre Historique et alentours

Classée au Patrimoine de l'Unesco, la Grand Place (Grote Markt) (photo) est un véritable bijou architectural. Elle arbore ses façades qui s'élèvent fièrement pour former un rectangle parfait au sein duquel une foule admirative et enthousiaste vient y défiler en rangs serrés lors des périodes de pointe. L’ensemble est d’une harmonie remarquable. L’Hôtel de Ville, bâti au XVème siècle dans un style Gothique en trois étapes, en est l’édifice principal. Son impressionnante flèche de 96 mètres de haut semble dominer la ville, et sert de point de repère. Sa façade comporte pas moins de 150 statues ! N’hésitez pas à franchir les lourdes portes cochères pour pour pénétrer dans sa superbe cour intérieure. Autre édifice Gothique, la Maison du Roi abrite le Musée de la Ville de Bruxelles, retraçant son histoire à travers de nombreuses œuvres d’art, maquettes et autres. Il renferme également la vaste collection de déguisements du Manneken-Pis. Les autres bâtiments de la place - notamment la Maison des Corporations - sont un mélange très harmonieux de Baroque Italien et d’architecture Brabançonne Flamande.
Tout près, de superbes rues et ruelles médiévales s'enchevêtrent pour former «l'Îlot Sacré» classé au Patrimoine de l'Unesco. Des façades de briques et des pignons à redans s’y multiplient pour le plus grand bonheur des visiteurs émerveillés. De manière générale, on trouve de nombreux cafés et restaurants dans les petites rues très typiques de ce quartier à l'ancienne tradition commerciale.
C'est dans les proches alentours que vous rencontrerez le Manneken-Pis, célèbre statuette en bronze qu'on ne présente plus. Vous serez peut-être étonné par sa petite taille : il dépasse à peine les 50 centimètres. Sculpture emblématique de la ville, il est parfois déguisé et l’eau de la fontaine est même remplacée par de la bière ! En revanche, peu de monde connaît son pendant féminin Jeanneke-Pis qui se trouve dans une petite impasse de l’autre côté de la Grand Place, et encore moins son pendant canin, le Zinneke-Pis que vous croiserez dans le quartier Saint-Géry.
Le Musée du Cacao et du Chocolat – rebaptisé Choco-story Brussels – vous livrera tous les secrets de la fabrication du chocolat et ses origines, le tout dans un cadre désuet. Bien sûr, démonstrations et dégustations font également partie du programme pour le plus grand plaisir des papilles. Dans un registre totalement différent, le Musée du Costume et de la Dentelle vaut également le détour.
Les Galeries Royales Saint-Hubert, recouvertes d’une splendide verrière, abritent sur deux étages théâtres, boutiques et cafés, le tout dans un style Renaissance remarquable.
L’Église Saint-Nicolas, bâtie entre le XIème et le XIIème siècle, honore le patron des marchands. Elle est de taille modeste, si bien qu’elle semble se fondre avec les maisons anciennes qui y sont accolées. Tout près se tient la Bourse, imposant édifice de la fin du XIXème siècle dont les colonnes renvoient à l'architecture grecque.

  •  Autres quartiers

Dans le quartier de la Monnaie, le Théâtre Royal de la Monnaie arbore sa façade Néo-Classique. À l’intérieur, un superbe décor sang et or entoure la scène où se déroulent des spectacles de grande renommée. Tout près s'élèvent les tours en Gothique Brabançon de la Cathédrale Saint-Michel-et-Sainte-Gudule, édifiée à partir du XIIIème siècle sur les restes d’une église Romane comme en témoigne la crypte. Son vitrail Renaissance du «Jugement dernier» est somptueux. Non loin se tient le Centre Belge de la Bande Dessinée. Il s'agit d'un édifice de style Art Nouveau datant du début du XXème siècle que l'on doit au célèbre Victor Horta et son style si particulier. L'histoire du 9ème Art y est retracée, et honneur est naturellement fait à la BD belge, particulièrement à Hergé et Tintin. La grande bibliothèque recèle une collection inestimable. Le centre abrite également de belles maquettes.
Le quartier Sainte-Catherine fut bâti sur les anciens bassins de la ville. L’endroit est à présent envahi de restaurants se spécialisant dans le poisson. Restent toutefois quelques maisons anciennes qui lui permettent de conserver son cachet, de même que son église, mélange harmonieux d'influences Renaissance, Romane et Gothique.
Saint-Géry est l’un des quartiers les plus animés, avec ses nombreux bars branchés. Ses Halles sont de style Néo-Renaissance Flamande. Tout près, la Rue des Riches-Claires et ses alentours vous transportent à l’époque médiévale. L’Église Notre-Dame aux Riches Claires, de style Baroque Flamand en brique rouge, est un chef-d’œuvre. Enfin, vous y croiserez avec amusement le Zinneke-Pis, pendant canin du Manneken-Pis mentionné ci-dessus.
Non  loin, Dansaert est devenu depuis peu le quartier des jeunes stylistes novateurs après avoir sombré dans l’oubli. Les cafés y sont nombreux, de même que les restaurants très éclectiques et les galeries d’art.
La Place Royale, la Place du Musée, le Parc de Bruxelles et la Rue Royale composent le Quartier Royal, superbe ensemble Néo-Classique. Il a été bâti sur les cendres du somptueux Palais de Bruxelles, édifié aux XIème et XIIème siècle, et qui brûla au XVIIIème siècle. Non loin, le Mont des Arts, avec ses impressionnants escaliers ouvragés, semble faire le lien entre ce quartier et celui de la Vieille Ville. Ses jardins et ses jets d'eau lui confèrent une ambiance très agréable. Ne manquez pas d'observer les détails de l'horloge à carillon que supporte son arche. Comme le nom l'indique, les institutions culturelles y sont bien représentées, notamment les Musées Royaux des Beaux-Arts, le Musée Belvue, et le Musée des Instruments de Musique, superbe édifice Art Nouveau (ancien magasin « Old England » signé Victor Horta).
Le quartier populaire des Marolles est surtout réputé pour son marché aux puces dominical toujours très animé. La Porte de Hal et son impressionnante tour, qui propose une vue panoramique sur la ville, datent du XVème siècle. Ce sont les derniers vestiges des anciennes fortifications de Bruxelles. Elles abritent à présent un musée et des expositions temporaires.
Le quartier chic des Sablons comprend nombre de restaurants, boutiques de chocolat, boutiques d’antiquités et galeries d’art. Le Grand-Sablon jouit de belles maisons bâties du XVIème au XIXème siècle qui lui confèrent un caractère bien affirmé et un charme désuet. Son attraction principale est bien sûr le marché aux antiquités qui draine les foules chaque fin de semaine. Le Square du Petit-Sablon mérite largement qu’on s’y attarde. Ce jardin de style Néo-Renaissance comprend de nombreuses statues, notamment celles qui reposent sur les colonnes de la balustrade de fer forgé délimitant le square.
Dans le Quartier Européen, le Parlement Européen divise les Bruxellois : certains y voient un chef-d’œuvre de l’architecture moderne, d’autres une énorme verrue qui gâche le panorama. Le centre d’information des visiteurs (Parlementarium) propose des expositions originales et ludiques, notamment une carte de l’Europe en 3D. Le contraste est saisissant avec le Parc Léopold (photo), havre de verdure très préservé créé au milieu du XIXème siècle dans la pure tradition des jardins à l’anglaise. Le vaste Parc du Cinquantenaire date lui de la fin du XIXème siècle. Ses grandes pelouses sont très prisées dès lors que le soleil montre quelques rayons. Il renferme trois remarquables musées : le Musée du Cinquantenaire, le Musée de l’Armée et de l’Histoire Militaire, et Autoworld.
Vous apercevrez de loin l’Atomium en gagnant le quartier du Heysel et le parc du même nom. Projet pharaonique visant à édifier une structure représentant une molécule de cristal de fer agrandie 165 milliards de fois, il fait partie des incontournables de la ville. L’intérieur se visite et depuis sa sphère la plus haute, on jouit d’une vue imprenable sur la ville. Diverses expositions s’y tiennent. Enfin, n’hésitez pas à faire une halte à la Mini-Europe et d’y emmener éventuellement vos enfants. C’est une façon à la fois très originale et très ludique d’en apprendre sur le Vieux Continent.



Hainaut

  • Mons

Mons fut érigée au VIIème siècle sur une colline, au sommet de laquelle la Chapelle Sainte-Calixte (XVème siècle) témoigne de ce que fut l’ancienne ville fortifiée. La Grand Place (Grote Markt) (photo) est spacieuse et colorée, certaines façades ayant été recouvertes d’enduits à la méthode ancienne. Elle comprend également une fontaine. Chaque année pour le dimanche de la Trinité s’y déroule la célèbre «ducasse», véritable fête populaire traditionnelle qui draine des foules enthousiastes. L’Hôtel de Ville bâti au XVème siècle est de style Gothique. Il comprend l'Horloge Astronomique, un cadran lumineux et un campanile qui fut rajouté au XVIIIème siècle. Vous remarquerez avec amusement de nombreuses personnes se diriger vers un endroit précis de sa façade, où y est accolée la statue en métal d’un petit singe. Selon la légende, lui caresser la tête de la main gauche porte bonheur. Prenez la peine de pénétrer dans la cour d’honneur après être passés sous le porche, puis traversez le petit tunnel afin d’accéder au beau Jardin Mayeur pour y flâner quelques instants et vous imprégner de sa quiétude.
Contrairement à certaines villes de Belgique, le Beffroi de Mons ne se trouve pas sur la Grand Place, mais à quelques encablures de là au sommet d’une petite colline, ce qui accentue sa domination. Pour nous y rendre, nous avons fait un détour en nous engageant dans des petites rues où de superbes trompe-l'œil représentent des scènes de films noirs des années 1950, pour aboutir au charmant Square Saint-Germain, petite place fleurie comprenant une vasque ornementale. De là, on peut le voir toiser la ville du haut de ses 87 mètres. Bâti au XVIIème siècle dans un style Baroque, il est coiffé de bulbes qui ajoutent à sa beauté. Son carillon comporte 49 cloches. Il est entouré de jardins verdoyants et arborés.
La Collégiale Sainte-Waudru fait partie des monuments incontournables de la ville. Bâtie du XVème au XVIIème siècle, on doit sa somptueuse décoration en albâtre à Jacques du Broeucq, figure de la Renaissance en Europe du Nord. Elle abrite de superbes collections d’orfèvrerie, des sculptures, tableaux et manuscrits.
Mons dispose de musées très intéressants : le Musée des Arts Décoratifs François Duesberg vous impressionnera par la richesse de ses collections, notamment son incomparable collection de pendules. Les bronzes, porcelaines et orfèvreries diverses ne sont pas en reste. Le Musée d’Histoire Naturelle se distingue surtout en matière de zoologie, présentant des espèces des quatre coins du monde, même si la plupart proviennent d’Europe. Le BAM (Musée des Beaux-Arts), le Musée d’Histoire Militaire ainsi que le Mons Memorial Museum, ouvert en 2015 à l’occasion de «Mons 2015 - Capitale Européenne de la Culture» méritent également une visite.


Publié le 23 novembre 2016

Modifié le 7 octobre 2018

et le 22 mars 2021