Californie Intérieure

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Le Désert du Mojave

Cette année, nous avons de nouveau traversé ce désert immense et fascinant. Nous y avons même emprunté des portions de la mythique Route 66. Cette fois-ci, nous arrivions de Redondo Beach pour nous rendre à Laughlin, Nevada. Nous avons fait une première halte à Yermo. Il s’agit d’un village perdu au milieu de nulle part sur l’Interstate 15. Fondé au tout début du 20ème siècle, il fait partie du San Bernardino County. Nous nous y sommes arrêtés, car nous tenions à déjeuner au Peggy Sue’s Diner, le fameux diner vintage avec son entrée en forme de juke-box bigarré. La propriétaire n’est autre que la Peggy Sue qui a donné son titre à ce fameux morceau du regretté Buddy Holly. On y sert des plats et des boissons aux amusants noms d’acteurs, de personnages de films ou de dessins animés, ou encore de titres de chansons rock. La décoration est très chargée : statues (entre autres à l’effigie de Betty Boop ou des Blues Brothers), figurines, articles de journaux encadrés, photos, disques vinyles accrochés aux murs, jukebox... Tous renvoient naturellement aux années 1950 et 1960. Le complexe comprend aussi un gift shop, et un parc pour enfants à l’arrière.
Nous nous sommes ensuite rendus à Calico, ville fantôme coupée du monde. Nous étions les seuls visiteurs à ce moment-là. C’était en fin d’après-midi, et le silence était si profond qu'il en était pénétrant. Construite à proximité d’une mine d’argent, elle a surtout prospéré à la fin du 19ème siècle avant de tomber en désuétude et d’être totalement désertée, le minerai ayant perdu de sa valeur. Les bâtiments divers sont bien préservés ou restaurés : mairie, école, restaurant, saloon, épicerie, maroquinerie, commerces divers, et même une caserne de pompiers. Le petit train qui transportait l’argent extrait de la mine est toujours présent. Le calme était souverain, ce qui nous permettait de remonter le temps et de nous immerger dans une ambiance western, laissant libre cours à notre imagination ou aux réminiscences d’œuvres du septième art que nous dévorions durant notre enfance. Nous avons appris plus tard avec étonnement que le lieu était en réalité très touristique, voire surfait. Simplement, l’heure tardive à laquelle nous étions arrivés expliquait les rues désertes de Calico. Finalement, nous avons eu de la chance. Car au vu de cette expérience, elle restera dans notre esprit une authentique ville fantôme nous ayant transportés et nous ayant fait rêver le temps d’une brève escapade.



Death Valley National Park

Après avoir visité les paysages extraordinaires de l’Arizona et de l’Utah, nous sommes revenus en Californie en nous lançant dans une longue traversée de Death Valley. Ancienne mer attenante à la faille de San Andreas aux confins du Nevada, elle est devenue au fil des millénaires une vaste zone aride, un paysage surréaliste avec ses étendues aveuglantes de sel, ses collines de sable et ses canyons sur lesquels une chaîne de montagnes semble monter la garde. Des mines de borax abandonnées et des villes fantômes viennent compléter le tableau rendu célèbre par de nombreux films. On y trouve le point le plus bas d’Amérique du Nord : les vastes marais salants de Badwater Basin, qui se situent à 86 mètres en dessous du niveau de la mer.
Nous avons emprunté la Death Valley Scenic Byway (California State Route 190), et dès les premiers kilomètres, nous avons eu la sensation de pénétrer dans une région à la fois désolée, mystérieuse et fascinante. Nous venions de passer un bref séjour à Las Vegas, emportés par sa foule, sa ferveur et ses lumières à l'infini. Le contraste était époustouflant, presque déstabilisant. Mais c'est ce qui fait toute la beauté de ce genre de voyage. Les couleurs sont changeantes selon la luminosité et le moment de la journée où on la traverse. Car la Vallée de la Mort se traverse plus qu'elle ne se visite, en tous cas à cette période de l'année : en effet, la chaleur est trop écrasante, et on ne tient pas longtemps hors de son véhicule climatisé. Il s'agit bien d'un désert, avec tout ce que cela implique : il est impératif de suivre à la lettre les consignes écrites, ou celles des sympathiques rangers si vous avez la joie d'en croiser sur votre chemin. Il est vivement recommandé d'emmener une grande quantité d'eau potable avec soi et de faire le plein d'essence avant de pénétrer dans le parc. Quelques stations service y sont disponibles, mais vous payerez plus cher qu'à l'extérieur. Des réserves de nourriture et un kit de premier secours sont aussi les bienvenus.
Nous avons fait une première halte à Zabriskie Point, formidable paysage lunaire aux formes torturées et au jeu de couleurs époustouflant. Des strates se sont dessinées dans la roche au fil des millénaires. Certaines sont inclinées à 45°. Nous avions l’impression de visiter un musée géologique à ciel ouvert.
Nous nous sommes ensuite arrêtés à Furnace Creek. Le nom est très parlant, car il s’agit de l’endroit de la planète où à été enregistré le record de la température la plus élevée (56.7 C°). Nous y avons malgré tout pique-niqué, car c’est le premier site où nous avons trouvé des arbres, et donc de l’ombre. Il s’agit en quelque sorte du point névralgique de Death Valley, celui qui dispose du plus grand nombre d’installations. Un Visitor Center vous accueille, le seul du parc avec celui de Scotty’s Castle, plus au nord. Vous y trouverez également deux hôtels, plusieurs campings, deux restaurants, un bar, ainsi qu’un aérodrome et un golf. D’ailleurs, la présence de ce dernier en plein désert nous a semblé être une aberration, vu les moyens à mettre en place pour l’approvisionner en eau et entretenir ainsi le green.
Nous avons repris la route et nous sommes retrouvés au bout de quelques kilomètres dans un paysage très encaissé où nous roulions à flanc de montagne. Les sensations étaient grisantes et vertigineuses. Et toujours ce jeu de couleurs fascinant… Nous avons traversé Towne Pass, Panamint Valley, et Panamint Springs Resort. Nous avions Rainbow Canyon d’un côté de la route, Darwin Falls de l’autre. Finalement, nous avons fait une dernière halte à Father Crowley Point, qui offrait une vue panoramique sur les précités Rainbow Canyon et Panamint Valley. C’était la fin d’après-midi et les teintes étaient plus chaudes, habillant le paysage sec et rocheux de belles couleurs. Nous nous y sommes plus attardés qu’à Zabriskie Point, car l’altitude rendait la température plus supportable (ou moins insupportable)… Nous sommes ensuite remontés dans notre véhicule pour quitter la fascinante Death Valley au bout de quelques kilomètres, et nous diriger vers Bakersfield, notre prochaine halte nocturne. Nos têtes étaient emplies d’images enivrantes de paysages hors du commun, et nous avons compris que traverser ce vaste parc était tout simplement une expérience unique.
 

Sequoia & King’s Canyon National Park

King’s Canyon National Park s’étendant dans la continuité de Sequoia National Park, ils sont gérés en tant qu’un seul et même parc. Ils sont situés respectivement sur la partie Sud et la partie Ouest de la Sierra Nevada. Ils offrent de splendides sites de sommets granitiques, de gorges très encaissées et de denses forêts d’arbres de haute futaie que sont les séquoias. La création de ces parcs a permis de les préserver.
Le canyon qui a donné son nom au King’s Canyon National Park est composé de granite, et traversé par la King River. Cette dernière passe également au cœur d’une vallée qui fait partie du parc, de même que celle de la San Joaquin River. Mais la principale attraction est le séquoia General Grant Tree, dans la Forêt General Grant Grove, qui regroupe la majorité des arbres les plus anciens : il mesure plus de 80 mètres de haut ! Les gorges du parc sont très encaissées, et le Canyon de Cedar Grove est le plus profond du pays (2400 mètres).
Au cœur de Sequoia National Park, la bien nommée Sequoia Giant Forest regroupe les plus grands séquoias au monde, le record absolu revenant au General Sherman Tree qui mesure environ 90 mètres de haut ! Prendre le temps de se balader parmi ces géants majestueux qui exhalent d’agréables effluves boisés est une expérience exaltante. On se sent tout petit face à la démesure et la puissance qui se dégage des troncs imposants. Dans les années 1930, l’un d’entre eux a chuté au sol sur une route et on a dû creuser dans son bois afin de créer un passage pour les véhicules (photo). Sensations assurées !.. Nous avons eu également la chance de voir de près un ours dès notre arrivée à Crescent Meadows, superbe clairière aux prés verdoyants et inondés de soleil, qui contrastaient avec l’ombre et la fraîcheur relative de la forêt. Nous avons pu prendre le temps de l’observer et le photographier en respectant une distance de sécurité. Nous avons ensuite rejoint Moro Rock, dôme granitique qui propose une vue panoramique sur une partie du parc. Pour y accéder, nous avons dû gravir les marches d’un escalier particulièrement raide, mais cela en valait la peine. Le parc dispose d’autres lieux d’intérêt majeurs, notamment Crystal Cave, somptueuse grotte de marbre aux décors fascinants, et le Mont Whitney, deuxième point culminant du pays (4421 mètres d’altitude).

  

Yosemite National Park

C’est une vallée extraordinaire où les chutes d’eau tombent d’une hauteur vertigineuse. Tout autour s’élèvent des parois de granit gigantesques, la plus remarquable étant El Capitan. Sur les hauteurs, des forêts de séquoias et des plateaux de prairies fleuries constituent des paysages d’une splendeur sauvage. Le parc offre de nombreuses possibilités pour les activités de plein air : la randonnée avec de nombreux trails proposés pour les pratiquants de tous niveaux, le rafting, le kayak, et surtout l’escalade, le site étant l’un des plus prisés au monde dans cette discipline. On peut s’y balader à cheval, et également à vélo sur d’agréables pistes cyclables bien aménagées. Il est vraiment immense et nous y avons consacré deux journées complètes. Nous avons eu la chance durant notre séjour d’y apercevoir un jeune ours grizzly, un ours brun et un coyote.
Au cœur du parc, la Yosemite Valley - traversée par la Merced River dans laquelle on peut se baigner - arbore fièrement les époustouflants monolithes très abrupts de Cathedral Peak, d’El Capitan et du Half Dome. Les chutes d’eau y sont impressionnantes, notamment Bridalveil Falls et Yosemite Falls. Ces dernières comprennent Lower Yosemite Fall et Upper Yosemite Fall, et sont les plus hautes du parc.
Nous avons voulu nous rendre à Mariposa Grove pour y admirer sa concentration de séquoias géants. Malheureusement, le site était en travaux. Nous nous sommes rabattus sur Wawona, lieu ou se trouvait le fameux «arbre tunnel» au cœur duquel passait une route, mais qui a chuté à la fin des années 1960. Il est cependant toujours présent et on peut venir l’admirer même s’il a forcément perdu de sa majesté. Face au Pioneer Yosemite History Center, un beau pont suspendu enjambe la rivière. Au cœur de Yosemite Village, près du Visitor Center et du lodge, se trouve l’Ansel Adams Gallery qui rend hommage au fameux photographe réputé pour ses superbes clichés de l’Ouest Américain - majoritairement en noir et blanc - et à son œuvre.
Tuolumne Meadows (photo) est une prairie très sauvage et très étendue située à environ 2600 mètres d’altitude. Le lieu est très agréable, d’autant plus que nous l’avons visité au printemps, totalement reverdi. Il appelle à l’apaisement et à la rêverie. Et comme c’est très spacieux, il y a toujours moyen de s’éloigner des flots de touristes pour trouver un endroit plus calme. Des arbres le tapissent d’ombre par endroits, et la rivière apporte un supplément de fraîcheur. Quelques pontons lui confèrent un charme certain. C’est de là que partent certains des chemins de randonnée du parc. Sur la route qui y mène, Olmsted Point dispose d’un promontoire qui offre une vue panoramique époustouflante.
Le Half Dome se remarque de loin avec sa forme en demi-sphère si particulière. Il est devenu l'image d'Épinal de Yosemite. Le trail qui porte son nom est réservé aux randonneurs les plus aguerris, et dure entre 10 et 12 heures. Il se termine avec des escaliers taillés dans la pierre sur une pente raide que l’on gravit à l’aide de câbles. Un permis est requis. Les demandes se font en ligne, et il est conseillé de s’y prendre en avance.
Nous nous sommes contentés de la randonnée de Vernal Fall, superbe sentier en partie ombragé, l’un des plus beaux du parc. Certaines parties sont plutôt physiques. De plus, il est conseillé d’emmener un imperméable pour la partie du trail la plus proche de la chute où l’on est abondamment arrosé par la brume. Un point de vue se situe juste au-dessus de la cascade et permet d’en mesurer toute la force et la beauté. Si vous en avez le temps et le courage, vous pouvez poursuivre jusqu'à Nevada Fall. Malheureusement, nous ne l’avons pas fait car un somptueux coucher de soleil nous attendait à Glacier Point. . Situé à presque un kilomètre d’altitude, le site propose une vue imprenable sur les Yosemite Falls, et surtout sur le Half Dome. Ce soir-là, les couleurs étaient extraordinaires. Nous sommes restés à admirer ce spectacle naturel à couper le souffle jusqu’à la tombée de la nuit. Ce moment était magique.
 

Sonora

Les logements au cœur de Yosemite étant hors de prix, nous avons séjourné dans cette petite ville western pétrie de charme située à quelques dizaines de kilomètres à l’Ouest du parc. La route qui y menait était très agréable. Nous traversions des champs de blé et de vastes vergers, essentiellement des agrumes. De vieilles fermes au charme suranné apparaissaient çà et là. Le paysage était très sec, autant à cause de la canicule du moment que de la sécheresse qui sévissait en Californie depuis de longs mois. Aussi, les quelques lacs qui longeaient la route - dont le Don Pedro Lake - apportaient leur lot de fraîcheur et d’humidité, très appréciables. Le soleil de toute fin d’après-midi habillait le paysage de couleurs chaudes et chatoyantes. Nous traversions également un autre charmant village western nommé Groveland.
Fondée par des mineurs mexicains pendant la ruée vers l'or en Californie, Sonora est vite tombée en désuétude une fois la fièvre de l'or terminée. Depuis, sa population n'a cessé de baisser. Ceci dit, elle est vraiment très typique et très agréable à vivre. D’ailleurs, elle nous rappelait Flagstaff sous certains aspects. L’influence hispanique est naturellement bien présente. Nous avons pris le temps de nous y balader pour admirer ses façades de bois ou de briques, ainsi que ses balcons de fer forgé lui donnant des airs de Nouvelle-Orléans. Petites boutiques, restaurants, bars, saloons et galeries d’art s’y multiplient. Il s’en dégage un charme désuet et une indéniable authenticité. Elle dispose d’un réseau de trolleys-bus qui ressemblent aux cable-cars de San Francisco, eux aussi très typiques. En nous éloignant de Washington Street (photo), sa rue principale, nous avons aperçu des petites propriétés et des maisons colorées très mignonnes.
C’était vraiment l’une des bonnes surprises de notre voyage.

Publié le 28 octobre 2017