Massachusetts - Boston

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Il s’agit de la plus belle ville que nous ayons visitée aux U.S.A. avec San Francisco. Les deux sont totalement différentes et pourtant, elles ont des points communs : comme sa petite sœur de la Côte Ouest, elle conjugue à merveille les influences de l’Ancien Continent et du Nouveau Monde. En outre, les deux ont cet esprit pionnier et avant-gardiste. Elle exsude un charme européen, essentiellement anglais voire londonien. Si elle s’est beaucoup peuplée les premiers temps d’irlandais et d’italiens, elle attire de nos jours des immigrants venus d’horizons bien plus divers, notamment originaires d’Asie, affirmant son cosmopolitisme. Comme New-York, Philadelphie et Washington, elle a joué un rôle prépondérant dans l’histoire du pays et jouit d’une grande richesse culturelle. Elle est notamment le berceau de la Révolution Américaine. Sa gastronomie jouit d’une bonne réputation, notamment concernant les produits de la mer.

Nous avons commencé notre visite de Boston par l’emblématique quartier Beacon Hill (photo), véritable joyau d’architecture du 19ème siècle qui nous offre un voyage dans le temps très prenant, avec ses traditionnelles maisons de briques rouges et ses réverbères à gaz. Nous avons flâné dans l’incontournable Charles Street et ses trottoirs pavés, ses édifices de grès brun et ses nombreuses enseignes de ferronnerie. Boutiques chics, restaurants et antiquaires s’y multiplient. Nous y avons rencontré un artiste local un peu excentrique qui est venu à nous pour converser un peu. Il nous a dit quelques mots en français, et nous a même gratifiés d’une petite chanson amusante… toujours en français !.. Dans la foulée, nous avons également rencontré une étudiante de Boston University d’origine asiatique. Tous deux ont laissé un petit mot sur notre banderole «Enjoy the ride» : le premier en français, la seconde en chinois…
Puis, nous nous sommes engagés dans les petites rues, notamment la très mignonne Acorn Street, ruelle aux galets irréguliers pétrie d’une indéniable authenticité et d’un charme désuet. Tout près, le splendide Louisburg Square, jardin privé et uniquement réservé aux résidents, est entouré de maisons de styles Fédéral et Néo-Grec de la première moitié du 19ème siècle. Chestnut Street dispose de superbes demeures, à un degré moindre cependant par rapport à Mount Vernon Street, qui de surcroît jouit d’une architecture très diversifiée.
Lors de sa création en 1837, le magnifique Public Garden fut le premier jardin botanique public d’Amérique du Nord. Ses agréables sentiers sont bordés de saules. Un beau pont suspendu passe au-dessus d’un lac artificiel au cœur d’un cadre idyllique. Charles Street le sépare de Boston Common, vaste espace vert qui fut le premier parc public du pays. Il est un peu la plaque tournante de la ville, point d’intersection de différents quartiers. Il est également le point de départ du fameux Freedom Trail, parcours d’environ 4 kilomètres de long matérialisé par une ligne rouge au sol. Selon les endroits, elle est soit tracée à la peinture, soit composée de briques encastrées dans le trottoir. Il permet de découvrir la ville tout en passant devant les lieux les plus emblématiques de son histoire, essentiellement la période concernant la Révolution Américaine. Nous l’avons emprunté en commençant par admirer la superbe Massachusetts State House, siège du gouvernement d’état, édifice de style Fédéral bâti en 1798. Les colonnes de sa façade attirent le regard, de même que son étonnant dôme, d’abord couvert de cuivre, avant qu’on y rajoute une feuille d’or quelques décennies plus tard, le rendant plus éclatant encore. Nous avons poursuivi avec Park Street Church, église évangélique de style Géorgien du début du 19ème siècle. Son clocher atteint 66 mètres de haut. On y cacha le stock de poudre à canon lors de la guerre de 1812 contre les Anglais, et elle fut le théâtre du discours anti-esclavagiste de William Lloyd Garrisson en 1829. Tout près, le Granary Burying Ground, cimetière datant du 17ème siècle, est entouré d’une belle grille de style Néo-Égyptien. Des héros de la Révolution Américaine y reposent, tels que Paul Revere, John Hancock et Samuel Adams.
Dans le quartier Downtown, Tremont Temple est une église baptiste dans une structure de plusieurs étages qui comprend également un grand auditorium, des magasins et des bureaux. Sa façade de style Néo-Grec est splendide. King’s Chapel date du milieu du 18ème siècle. D’une riche architecture composée entre autres de granit gris, on s’émerveille autant de son ornementation extérieure que de ses belles colonnes corinthiennes géminées à l’intérieur. King’s Chapel Burying Ground a existé bien avant cette dernière puisqu’il est le plus vieux cimetière de la ville (1630). Mary Chilton, l’une des passagères du Mayflower, y repose. Old City Hall a été construit sur l’ancien emplacement de la Boston Latin School, première école publique de la ville. Sur ses pelouses, on remarque entre autres la Statue de Benjamin Franklin. L’édifice qui abritait à l’origine l’Old Corner Bookstore est l’un des plus anciens de la ville (1712). Il renfermait une librairie et la maison d’édition Ticknor & Fields. Seule sa façade a été préservée. Old South Meeting House fut bâtie en 1729. Elle fut d’abord un temple protestant, puis devint un centre de rassemblement durant la Révolution Américaine. Tout partit de là en 1773, lorsqu’un rassemblement dirigé par Samuel Adams fut à l’origine de la Boston Tea Party : de nombreux manifestants se rendirent au port pour jeter à l’eau des cargaisons de thé provenant d’Angleterre en signe de protestation contre les taxes trop élevées – en particulier sur ce produit – qui leur étaient imposées.
L’Old State House est une modeste structure de briques rouges bâtie en 1713. Sur son toit d’ardoise percé de mansardes s’élève une tour blanche coiffée d’une girouette dorée. Sa présence au milieu d’imposants gratte-ciel étonne et offre un contraste saisissant. Elle arbore au sommet de l’une de ses façades un lion et une licorne, symboles de la couronne anglaise. C’est depuis son balcon que fut lue aux citoyens la Déclaration d’Indépendance. Elle abrite à présent le Boston Society Museum. En face, un cercle de pavés constitue le Site du Massacre de Boston. Il commémore un événement sanglant datant de 1770, lorsque des soldats de la Garde Royale Britannique tirèrent sur la foule après avoir reçu des pierres. Pour certains, ce fut le premier élément déclencheur de la révolution.
Le magnifique Faneuil Hall a été construit en 1742 dans un style Colonial en brique rouge. Il est surmonté d’une tour blanche coiffée d’une coupole sur laquelle est fixée une girouette en forme de sauterelle. Un étage y fut rajouté au début du 19ème siècle. Le rez-de-chaussée était dédié à un marché tandis que le premier étage – doté d’un somptueux balcon intérieur – était une salle de réunion où se succédaient divers orateurs dont les plus connus étaient Samuel Adams et James Otis, qui appelaient à l’émancipation des colons. Le siècle suivant, on y prônait l’abolition de l’esclavage. Face à lui se trouve le fameux Quincy Market, splendide édifice Néo-Classique de granit. Il s’étire en longueur et chaque extrémité est pourvue d’un fronton et de colonne doriques. En son centre, un dôme couvre un espace commun où se tient un piano. La foule y est moins dense. Il propose un grand choix de cuisines venues d’horizons divers, des boutiques de vêtements et de souvenirs ainsi qu’un office de tourisme. Il est très fréquenté et il y règne un brouhaha permanent, surtout à l’heure du déjeuner. Il est encadré par deux entrepôts de pierre identiques : le North Market et le South Market. De nombreux spectacles de rue ont lieu sur l’espace entre ces trois bâtiments et le Faneuil Hall.
La poursuite du Freedom Trail nous a ensuite emmenés dans le quartier North End. Nous y avons admiré la Paul Revere House, maison de bois à deux étages bâtie dans les années 1680. Ce héros de la Révolution Américaine y vécut entre 1770 et 1800. Lors d’une nuit d’avril 1775, il partit à cheval pour prévenir John Hancock et Samuel Adams de l’arrivée des troupes britanniques. Ils purent ainsi se mettre à l’abri à temps, évitant ainsi d’êtres arrêtés et de voir leurs munitions détruites. La demeure fut classée Monument Historique. Depuis le début du 20ème siècle, elle abrite un musée renfermant entre autres du mobilier ayant appartenu à la famille Revere. Toutefois, cet acte héroïque n’aurait pas pu avoir lieu si le sacristain Robert Newman n’avait pas déposé deux lanternes dans le clocher d’Old North Church, prévenant ainsi les Bostoniens de l’arrivée des Britanniques par voie maritime. Cette vieille église Géorgienne datant de 1722 si chère aux Américains est la plus ancienne encore en service. Robert Newman repose au Copp’s Hill Burying Ground, vieux cimetière datant de 1659 essentiellement dédié aux marchants et aux artisans. Il domine le Fleuve Charles et propose une très belle vue.
Puis, nous sommes allés admirer l’USS Constitution, amarré aux quais dans le quartier Charlestown. Il s’agit d’un superbe bateau à voile de la fin du 18ème siècle. Il est le plus ancien navire de guerre au monde encore en activité. Il opposa une résistance remarquable aux canons anglais lors de la guerre de 1812. Tout près, l’USS Constitution Museum raconte l’histoire de la vie à bord du navire. Il renferme plus de 1700 pièces et plus de 7000 livres. Nous avons terminé avec le Bunker Hill Monument, où se dresse fièrement un obélisque de 67 mètres de haut. Il commémore la bataille du 17 juin 1775 sur les collines de Bunker Hill et Breed’s Hill des insurgés américains, qui l’emportèrent face aux troupes britanniques bien qu’en infériorité numérique. Cet épisode fut déterminant dans la Guerre d’Indépendance. Pour les plus courageux, il est possible de monter les 294 marches qui conduisent à l’observatoire afin de jouir d’une vue imprenable sur Boston. Devant l’obélisque se dresse la Statue du Colonel William Prescott, héros de cette bataille, que retrace le Bunker Hill Museum. C’était la dernière étape du Freedom Trail, enrichissant à bien des égards. Sachez d’ailleurs qu’il existe un autre parcours très instructif à Boston : le Black Heritage Trail, qui nous en apprend beaucoup sur l’histoire de la communauté Afro-américaine de la ville en passant par 14 sites sur 2.5 kilomètres.
Finalement, nous avons emprunté le Boston HarborWalk, belle promenade le long des quais ponctuée d’espaces verts, pour rejoindre North End et le très agréable Christopher Colombus Park, vaste parc ouvert sur le front de mer. Nous nous y sommes ressourcés avant d’aller nous restaurer sur le Waterfront.

C’est dans ce même quartier Waterfront que nous nous sommes rendus le lendemain matin pour poursuivre la découverte de cette ville extraordinaire, ainsi que celui de Seaport District. Nous avons de nouveau emprunté le Boston HarborWalk, plus au sud cette fois-ci. De nombreux quais (wharfs) se jettent dans le Boston Harbor, lequel s’ouvre sur la Massachusetts Bay, et au-delà l’immense Océan Atlantique. Un aspect totalement différent de la ville s’offrait à nous, nous rappelant que Boston est bel et bien une ville côtière. En effet, on aurait parfois tendance à l’oublier, tant la part d’histoire qui émane de chaque coin de rue des vieux quartiers du centre est omniprésente. L’endroit nous faisait penser – toute proportion gardée – à l’Embarcadero de San Francisco. Derrière s’élèvent les gratte-ciel, qui présentent l’autre visage de la ville : moderne et avant-gardiste. Cependant, son riche passé ressurgit même dans les endroits où l’on s’y attend le moins : le Boston Tea Party Ships & Museum sur le Canal de Fort Point exhibe fièrement la réplique des trois navires - le Beaver, l’Eleanor et le Darmouth - d’où furent jetées les cargaisons de thé en 1773, l’un des événements initiateurs de la Révolution Américaine (voir plus haut). D’ailleurs, la tradition se perpétue puisque les visiteurs ont la possibilité de jeter des caisses par-dessus bord ! Le musée présente des collections d’objets en rapport avec cet épisode de l’histoire.
Nous avons poursuivi vers Chinatown. Il s’agit du troisième aux U.S.A. en importance après ceux de de New-York et San Francisco. Il est très animé et regorge de restaurants, et surtout ses boutiques rivalisent d’originalité et proposent des produits plus incongrus les uns que les autres. Ses venelles étroites et sinueuses sont pétries d’un charme exotique. Dans le Theater District (photo), nous nous sommes émerveillés devant la splendide façade Néo-Classique de la Boston Opera House. Sa somptueuse décoration intérieure Néo-Baroque a été réalisée par le fameux Thomas Lamb, référence dans ce domaine en Amérique du Nord. Bâtie en 1928, elle fut d’abord un cinéma, puis une salle de théâtre et de concert avant de devenir un opéra. Elle se trouve dans Washington Street, qui ce jour-là était très animée, avec notamment une fanfare et un groupe de percussionnistes. Puis, nous sommes retournés au Quincy Market afin de nous procurer des fameux Philly cheesesteaks - spécialités de Philadelphie comme le nom l’indique - que nous sommes allés consommer au Christopher Colombus Park. Ensuite, nous avons momentanément quitté Boston pour aller visiter la fameuse Université d’Harvard à Cambridge.
Le soir, nous sommes revenus en ville, plus précisément dans le quartier South Boston au BOA Pavilion, salle de concert se trouvant au bord du Boston Harbor, à la limite du Seaport District. Il s’agit d’un amphithéâtre en plein air au toit rétractable. Là, nous nous sommes mélangés aux locaux pour assister à un concert de rock mémorable avec quatre groupes à l’affiche. Cela restera un souvenir impérissable. Cette soirée fut l’une des meilleures du trip, et nous avons quitté cette ville extraordinaire sur la meilleure des impressions.


Publié le 4 janvier 2019