Rio De Janeiro

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La cidade maravilhosa est naturellement incontournable. Sa richesse et sa diversité sont incontestables, et elle jouit de merveilleux sites historiques et géographiques. Son carnaval est connu du monde entier. Les édifices se mêlent à l’océan, aux forêts, aux montagnes et aux morros (dont le plus connu est le Pain de Sucre) pour se fondre dans un décor unique au monde, le tout bercé par un climat tropical. Elle succéda à Salvador de Bahía comme capitale du Brésil avant d’être remplacée par Brasilia en 1960. Il n’en demeure pas moins qu’elle est et restera la ville la plus connue et la plus prisée du pays. La culture française y est enracinée depuis le XIXème siècle, et certains édifices sont inspirés de ceux de Paris. D’ailleurs, vous serez surpris de l’engouement des Brésiliens pour la capitale française, à fortiori à Rio.
Les favelas y sont malheureusement nombreuses, mais depuis récemment, le processus de pacification est en route. Mais même si l’on est conscient que c’est un travail de longue haleine, les exemples de réussite de celles de Santa Marta ou Vidigal, entre autres, laissent entretenir l’espoir. Les quartiers de manière générale ont pour la plupart une identité bien affirmée. Néanmoins, seuls ceux de la zone Sud et du Centre sont attractifs pour les visiteurs. Dans la zone Nord, encore gangrenée par la violence, le Stade Maracanã et Quinta da Boa Vista sont les uniques points d’intérêt.

Centro

Il regroupe la plupart des monuments historiques et culturels. L’influence française évoquée en introduction est visible notamment sur la fameuse Pâtisserie Colombo, de style Art Nouveau, et sur le Teatro Municipal. En effet, ce dernier fut bâti sur le modèle de l’Opéra Garnier au début du XXème siècle, à l’instar de celui de São Paulo. Il abrite l’Opéra et l’Orchestre Philarmonique de Rio. Les rues – dont certaines sont très animées et baignées de musique - présentent des façades Coloniales colorées ternies et érodées par l’usure du temps, mais cela leur confère un charme désuet et une indéniable authenticité. La Praça da Republica – ou Campo Santana – est un havre de verdure très arboré et agrémenté de petits étangs.
Sachez qu’il vaut mieux visiter ce quartier en semaine et avant la tombée de la nuit. En dehors de ces horaires, il peut s’avérer dangereux surtout dans les zones désertées. Ceci dit, même en plein jour, nous avons été abordés par des locaux qui avec beaucoup de bienveillance nous conseillaient de ranger nos appareils photos, entraînant cette frustration évoquée au tout début de cette rubrique. Nous avons décidé de les garder malgré tout car nous tenions à immortaliser certains édifices. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de visiter la cidade maravilhosa ! Nous veillions à rester près les uns des autres et à ne pas nous éloigner des zones animées. Ceci dit, le plaisir s’en retrouvait légèrement terni. Du coup, nous ne nous sommes pas attardés dans ce quartier durant notre séjour à Rio. Nous nous contentions d’y loger, et de nous y restaurer de temps en temps.


Lapa et Santa Teresa

Le vieux quartier de Lapa est vraiment authentique, et il est surprenant et regrettable que les visiteurs ne s’y attardent pas. L’emblématique Arcos da Lapa, impressionnant aqueduc du XVIIIème siècle qui approvisionnait la ville avec l’eau de la Rivière Carioca, a été réaménagé vers la fin du XIXème siècle en voie pour le fameux tramway jaune de Santa Teresa. Aux pieds des arches, des musiciens viennent souvent s’y produire, conférant à l’endroit une ambiance bohème. La vie nocturne est bercée par la samba, et le quartier est étonnamment sûr la nuit, ce qui contraste avec le reste de la ville. Il suffit de rester proche des animations.
Tout près, l’étonnante Catedral Metropolitana impose sa silhouette moderne en forme de pyramide tronquée, inspirée des temples Mayas du Yucatan mexicain. Ses dimensions sont impressionnantes et elle peut accueillir jusqu’à 20 000 personnes. À l’intérieur, les vitraux s’étirent sur plusieurs dizaines de mètres de hauteur.
En nous engageant davantage dans les rues du quartier, nous avons fait une halte à l’Hôpital Ordem Terceira Do Carmo, dont la somptueuse cour intérieure aux façades de style Baroque nous a émerveillés. En son centre se trouve une superbe fontaine.
L’Escadaria Selarón (photo), classé Monument Historique, relie Lapa au quartier Santa Teresa. Ces escaliers portent le nom de l’artiste chilien Jorge Selarón, qui des années durant les a revêtus d’azulejos multicolores, pour un résultat époustouflant. Ce projet pharaonique en hommage au peuple brésilien suscita un tel engouement hors frontières que des carreaux de faïence lui furent envoyés du monde entier. Durant les dernières années, il entreprit de les peindre lui-même en y représentant la fameuse femme enceinte que l’on retrouve dans ses œuvres. À notre sens, ce site mérite de faire partie des incontournables de Rio au même titre que le Pain de Sucre ou le Christ Rédempteur du Corcovado.
Santa Teresa, quartier bohème à flanc de colline aux belles demeures bourgeoises, a momentanément été délaissé pour aujourd’hui renaître de ses cendres. Locaux et touristes s’y mélangent. Avec sa butte, l’endroit fait penser à un Montmartre brésilien. Le Parque das Ruinas offre une vue imprenable sur la Baie de Guanabara et le Pain de Sucre.


Flamengo, Botafogo et Urca

Flamengo et Botafogo sont des quartiers résidentiels qui proposent également une vue imprenable sur la Baie de Guanabara et le Pain de Sucre. Leurs plages sont superbes mais impropres à la baignade car très polluées. Cela explique peut-être pourquoi ils sont délaissés au profit de la zone Sud et des fameuses plages de Copacabana et Ipanema. Ils n’en demeurent pas moins très agréables : le Parque do Flamengo, en front de mer, est idéal pour les balades et activités sportives. Les terrains de foot y sont nombreux et des parties s’y déroulent de façon quasi permanente. Les bars et restaurants sont très variés. De plus, ils sont idéalement situés entre le Centre et la zone Sud et leur lot d’attractions.
Situé sur une presqu’île, le quartier Urca est également délaissé par les touristes. Il s’agit pourtant d’un authentique petit village avec son port de pêche, très calme et très sûr (il se trouve en zone militaire). Dans ses petites rues pétries de charmes s’égrènent des maisons basses du début du XXème siècle. L’architecture Néo-Classique domine sur ses plus grands axes. Entre le Pain de Sucre et le Morro do Urubu se trouve Praia Vermelha, petite plage de sable rouge au cœur de falaises anthracite où sommeillent des barques bercées par le mouvement calme de l’eau. C’est également le point de départ de la piste Claudio Coutinho, qui longe la côte rocheuse sur 2,5 kilomètres au cœur d’une végétation luxuriante. Elle permet également de rejoindre le sentier qui grimpe vers le Morro de Urca, lieu de halte du premier des deux téléphériques qui assurent l’ascension vers le Pain de Sucre. Nous y avons croisés de nombreux micos, adorables petits singes qui peuplent les lieux.
Le Pain de Sucre (Pão de Açúcar) est avec le Christ Rédempteur l’image d’Épinal de Rio. Son ascension, qui se fait en deux temps, est impressionnante. Un téléphérique vous déposera d’abord sur le Morro de Urca, puis un autre vous emmènera à destination au prix d’une montée vertigineuse au-dessus du vide. Sensations garanties ! Une fois arrivés, vous vous retrouverez à presque 400 mètres d’altitude pour être subjuguées par une vue panoramique à 360°. La Baie de Guanabara s’ouvrira à vous, avec ses nombreuses plages. Le Stade Maracanã pourtant lointain vous semblera à portée de main. Au loin, vous apercevrez le Corcovado et son Christ Rédempteur.
Il ne faut pas négliger malgré tout le Morro de Urca, qui dispose d’une aire de spectacle et d’un restaurant. Le cadre est agréable, la vue est belle, et il vaut la peine qu’on s’y attarde. C’est ce que nous avons fait, et nous avons eu la très agréable surprise de rencontrer de très près plusieurs micos pas du tout sauvages. Nous les avons nourris avec des baies cueillies sur les arbres, et qui font partie de leur nourriture habituelle. Ils les prenaient dans nos mains pour les porter à la bouche et s’en délecter. Une expérience inoubliable !


Le Christ Rédempteur et le Jardin Botanique

Perchée sur le Pic du Corcovado, la statue du Christ Rédempteur (Cristo Redentor), classée au Patrimoine Historique, impressionne par ses dimensions. On peut la rejoindre en voiture, ou par un train qui s’enfonce dans la végétation abondante de la Forêt de Tijuca sur un dénivelé de plus de 3800 mètres. D’ailleurs, une partie du prix des billets d’entrée est dédiée à sa préservation. Haute de 31 mètres pour une envergure de 27 mètres d’une main à l’autre et juchée sur un piédestal de 8 mètres, on la contemple avec admiration en se tordant le cou en arrière, d’autant plus que le belvédère tout autour n’est pas très spacieux. Honnêtement, ce site nous a moins plu que le Pain de Sucre où nous sommes restés des heures. Du coup, nous nous y sommes moins attardés. La vue à 360° sous un angle différent y est tout aussi époustouflante, mais la foule est souvent dense, et on se retrouve vite englué sur un espace restreint autour de l’immense statue. Il y est très difficile de prendre des photos dans de bonnes conditions. Restent les terrasses où se trouvent bars, restaurants et boutiques de souvenirs, lesquelles permettent de s’éloigner quelque peu de l’agitation. Ceci dit, nous avons pris du plaisir à visiter cet immanquable connu du monde entier, et éprouvé la satisfaction de nous retrouver dans un lieu mythique.
Le Jardin Botanique (Jardim Botânico) (photo), qui date du début du XIXème siècle, renferme plus de 6000 espèces tropicales venant du monde entier. Il est alimenté en eau de la Forêt de Tijuca grâce à deux cours d’eau. On y déconnecte complètement de la ville pour se sentir très proche de la nature. La longue allée de palmiers impériaux venant de Malaisie – de laquelle on aperçoit le Corcovado - est impressionnante. De manière générale, nous avons été époustouflés par la taille des plus grands arbres, ainsi que la force et la solidité qu'ils dégagent. Un lac central est partiellement recouvert d’immenses nénuphars. Les diverses sculptures et fontaines proviennent du Centro. Une verrière abrite des plantes carnivores, une autre des orchidées. Un parc renferme une grande variété de cactus. On y trouve également quelques vestiges de Forêt Atlantique et une partie de la plantation de canne à sucre qui date de l’époque Coloniale.


Les plages

La baie mythique de Copacabana (photo) s’étend sur près de 4 kilomètres entre la plage de Leme (au Nord) et celle d’Ipanema (au Sud). La foule y est dense et très variée et le quartier vit 24h/24. On y trouve toutes sortes d'animations, surtout des mini-concerts et de somptueuses sculptures sur sable. Certes, on peut être nostalgique de l’époque où le front de mer n’était pas enlaidi par les immeubles modernes et laissait la part belle aux édifices Art Déco. Mais la magie est toujours intacte, comme indéfectible malgré l’étalage envahissant de modernité. Et il suffit de se tourner vers l’océan et d'admirer le paysage de carte postale - au milieu duquel s’impose le Pain de Sucre - pour s’évader totalement. Les postes de secours numérotés servent également de points de repère. Les trottoirs de la promenade sont recouverts par alternance de petits pavés noir et blanc formant des vagues. Une œuvre que l’on doit à Roberto Burle Marx. Il y règne une vraie culture du sport : beach-volley, beach-soccer, beach-tennis... Et beaucoup ont un bon niveau : les filles comme les garçons, les anciens comme les jeunes. 
Plus au Sud, Ipanema et Leblon sont les quartiers chics de Rio. Naturellement, la vie y est plus chère. Bars et restaurants branchés s’y multiplient. Les plages bénéficient d’une brise légère qui adoucit la température. La plage d’Ipanema, qui vibre au rythme de la bossa-nova, s’étend sur environ 2 kilomètres. On vient y admirer de superbes couchers de soleil près du poste 9, avec applaudissements nourris à la clé. Elle est prolongée par celle de Leblon. Les deux sont séparées par le canal qui relie le Lagoa Rodrigo de Freitas à l’Océan Atlantique.


Le Stade Maracanã

Le football au Brésil est une religion, c’est bien connu. La passion y est démesurée, et le ballon rond fait partie intégrante de la culture du pays. La mythique Stade Maracanã en est un véritable temple et son histoire est très riche. Bâti en 1950, il s’agissait alors du plus grand stade du monde. Il accueille l’équipe du Flamengo, rivale de Fluminense. Le spectacle est autant dans les tribunes que sur le terrain. Le record d’affluence date des années 1970 et s’élève à 200 000 spectateurs ! Il a été depuis rénové pour la Coupe du Monde 2014, et n’en contient plus que 76 000 par rapport aux règles de sécurité.
Nous avons commencé la visite par la tribune de presse au niveau 5, puis les places VIP niveau 3, et ensuite le niveau 1 où nous étions vraiment près du terrain. Nous avons terminé avec les bancs de touche, les vestiaires et le point presse. Par contre, nous n'étions pas autorisés à aller fouler la pelouse.
Nous nous sommes dit qu’il était dommage de ne pas l’avoir vu avant sa rénovation qui lui a peut-être fait perdre un peu de son cachet. Mais ne faisons pas la fine bouche : nous avons eu la joie et le privilège de visiter cette enceinte historique. Et surtout, le mythe est toujours palpable. Avec un peu d’imagination, on peut revoir les actions ancrées dans l’histoire du football, entendre les cris de joies et les clameurs, ressentir la passion, la ferveur, les vibrations. Beaucoup de noms célèbres viennent à l’esprit, mais c’est évidemment au Roi Pelé qu’on pense en priorité, joueur tellement mythique que ses buts manqués sont aussi célèbres que ceux qu’il a concrétisés, et passent encore dans des reportages et rétrospectives divers.


Publié le 27 avril 2016