São Paulo

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Ne nous voilons pas la face, «Sampa» n'a pas vraiment la cote au premier abord. Ni auprès des touristes, ni auprès de nombreux Brésiliens. Plaque tournante économique du pays, elle n’est pas épargnée pour autant par la pauvreté et les inégalités assez marquées entre la population riche et les miséreux, gouffre qui occasionne immanquablement la criminalité.
Nous avons séjourné loin du centre dans des petites résidences pour étudiants très sécurisées dans le quartier de l’immense université - véritable ville dans la ville - que j’ai eu l’occasion de visiter, et qui a son propre réseau de bus, même si les bus de ville y accèdent eux aussi. Non loin se trouvent également des favelas.
Mégalopole tentaculaire gangrenée par la pollution atmosphérique et sonore, les embouteillages et l'insécurité de certains quartiers, São Paulo mérite cependant qu'on la considère d'un point de vue moins global, plus nuancé. En effet, sa richesse culturelle, sa diversité et son éclectisme dans bien des domaines gagnent à être connus. Aux locaux se mêlent les Brésiliens venus d'autres états, et les peuples issus de l'immigration européenne, asiatique et moyen-orientale. Ville hyperactive réputée pour sa vie nocturne trépidante et son esprit novateur, notamment dans les domaines sociaux et artistiques, elle jouit de multiples quartiers à forte identité. Ses parcs et espaces verts sont très attrayants et très agréables, et vous permettent de vous évader totalement de l’agitation citadine pourtant toute proche.
Enfin, sachez que comme dans le reste du pays, les gens y sont tout aussi affables et agréables.

Centro Histórico et alentours

Contrairement à ce que son nom pourrait suggérer, ce quartier n’a que peu d’édifices historiques à proposer. D’ailleurs, on peut en dire autant de l’ensemble de la ville. Honnêtement, nous l’avons peu apprécié et ne nous y sommes pas sentis totalement à l’aise. Bruyant, pollué et peu esthétique à l’exception de quelques édifices, il est de surcroît malfamé. Nous restions sur nos gardes lorsque nous sortions nos appareils photos pour les rares fois où nous avions quelque chose à immortaliser.
La Praça da Sé, place emblématique de la ville, en est également le centre géographique, puisqu’on y trouve le Marco Zero (kilomètre zéro) de l’état de São Paulo. L’impressionnante Catedral Metropolitana, de style Néo-Gothique, s’y élève fièrement.
Non loin, le Patio do Colégio, fondé par le Jésuite José de Anchieta, est le berceau de la ville. Il s’agissait à l’origine d’une modeste paillote, laquelle fut reconstruite au XVIIème siècle dans un style Colonial. Il dispose d’un musée, d’une bibliothèque et d’un restaurant. Le Largo de São Francisco (photo) abrite quant à lui la Faculté de Droit de l’État, de style Néo-Classique, édifiée sur l’ancien couvent attenant. Il jouxte une église jouissant de décors Baroques pour constituer un ensemble remarquable arborant ses façades couleur pastel, vestige de l’époque Coloniale.
La Vale do Anhangabaú est un espace vert où cohabitent pelouses, massifs fleuris et gratte-ciel. Au Sud de celui-ci, le Viaduto do Chá, qui autrefois enjambait les plantations de thé, conduit au Teatro Municipal. Ce dernier fut bâti au tout début du XXème siècle dans un style proche de celui de l’Opéra Garnier de Paris. De manière générale, l’influence des architectes et paysagistes français du XIXème siècle dans le centre ne se dément pas. Nous avons eu la chance d’assister à un opéra au sein de ce somptueux édifice de style Néo-Renaissance et Art Nouveau. Nous avons pu y admirer la splendide décoration intérieure constituée de marbre et de dorures, ainsi que les sièges de velours rouge et les belles moquettes. Le Mosteiro de São Bento, fondé par les Bénédictins, exhibe ses façades de style Néo-Gothique ornées de fresques. Les vitraux, tableaux et sculptures y sont remarquables. Enfin, la Praça de Republica, d’où partent des rues piétonnes populaires où abondent les commerces, est constituée d’un superbe parc.
La partie se situant au nord du centre est celle qui propose le plus de points d’intérêt. L’Estação da Luz est l’un des édifices les plus emblématiques de la ville. Sa majestueuse silhouette inspirée de l’architecture londonienne s’impose sur la place du même nom. La gare témoigne de l’importance du négoce du café dans la ville, qui lui a permis de s’enrichir dans le passé. Elle abrite dans l’une de ses ailes le Museu de Língua Portuguesa. Elle arbore fièrement sa tour frappée d’une horloge, à l’instar de la Sala São Paulo, toute proche. C’est d’ailleurs dans cette dernière que l’Orchestre Symphonique a élu domicile en 1999. Cette ancienne gare est de style Néo-Classique, tout comme l’Estação Pinacoteca, annexée à la Pinacothèque d’État. Les deux proposent des expositions d’œuvres d’arts diverses (tableaux, photos, gravures, sculptures). Un peu plus loin, le Mosteiro da Luz e Museu de Arte Sacra, monastère Baroque du XVIIIème siècle, renferme des chefs-d’œuvre d’Art Sacré provenant de tout le pays. Malheureusement, il est très déconseillé de s’aventurer dans ce quartier de nuit, surtout aux abords de la Estação da Luz.
À l’ouest du centre, le quartier Higienópolis est l’un des plus aisés de Sampa. Les bâtiments au charme cossu partagent l’endroit avec d’agréables espaces de verdure, notamment le Parque Buenos Aires, agréablement ombragé par la présence de nombreux arbres. Il comprend de bons restaurants et d’intéressants musées, notamment le MAB (Museu de Arte Brasiliera) ainsi qu’un centre commercial.


Avenida Paulista et alentours

Avenida Paulista (photo) est l’avenue emblématique de São Paulo. Première de toutes à avoir été goudronnée, elle porte le symbole de l’aspect moderne et avant-gardiste de la ville. Arborant de nombreux gratte-ciel sur près de 3 kilomètres, elle ne cache rien de son opulence. Restent tout de même quelques luxueuses demeures dont les propriétaires s’étaient enrichis grâce au commerce du café. Elles arrivent à imposer leur charme suranné et leur forte valeur historique malgré l’étalage envahissant de modernité. Les banques y ont poussé comme des champignons, de même que les sièges de multinationales, les centres culturels… Le MASP (Museu de Arte de São Paulo), en est cependant l’une des principales attractions, puisqu’il abrite l’une des plus grandes collections d’art européen en Amérique du Sud. Toutefois, les artistes brésiliens n’y sont pas en reste. En face de celui-ci, de l’autre côté de l’avenue, se trouve le Parque Tenente Siqueira Campos (Trianon) qui renferme des vestiges de l'ancienne Forêt Atlantique (Mata Atlântica) qui recouvrait autrefois la côte du Brésil, mais qui a été sacrifiée au profit de la culture de la canne à sucre, notamment dans le Nordeste. Il est très agréablement ombragé et permet de se déconnecter de l’agitation de l’avenue pourtant toute proche.
Bela Vista, dit «Bixiga» est le quartier de tradition italienne. Un escalier relie sa partie haute à sa partie basse. Agréable, coloré et bohème, on y trouve naturellement de nombreux restaurants italiens, ainsi que des cafés, des commerces et des théâtres dispersés au sein des maisons basses. L’Église Notre-Dame d’Achiropita, à la façade Néo-Classique d’un jaune pastel, se repère facilement grâce à son dôme. Tout le quartier y célèbre la Vierge Calabraise le 15 août.
Le quartier Liberdade accueille quant à lui la communauté japonaise, très nombreuse à São Paulo (la plus importante hors Japon). À ceux-ci sont venus se joindre d’autres Asiatiques, notamment des Chinois et des Coréens. Même si l’endroit à peu à offrir esthétiquement, son identité est profondément enracinée. Les traditionnels bars à sushis y sont légion, et à un degré moindre, les bazars et les salons de massage. L’attraction principale est le Museu de Imigração Japonesa.
Non loin se trouve le Parque da Aclimação, havre de verdure sauvage qui permet de se déconnecter de l’agitation de la trépidante São Paulo. Jardin d’acclimatation inspiré de celui de Paris, il comprend un lac peuplé de hérons, de cygnes et de canards, entouré essentiellement d’eucalyptus et de banians.
Enfin, la Cathédrale Métropolitaine Orthodoxe, de style Néo-Byzantin, s’élève près de l’extrémité Sud de l’Avenida Paulista.

Parque do Ibirapuera et alentours

Le Parque do Ibirapuera (photo) est l’un des poumons verts préférés des Paulistas. Il invite à la flânerie et à l’insouciance. Le célèbre paysagiste Roberto Burle Marx et le non moins célèbre architecte Oscar Niemeyer ont conjugué leurs talents pour qu’il voie le jour. Ses attractions principales sont le MAM (Museu de Arte Moderna) et le Museu Afro Brasil, qui aborde comme le nom l’indique le thème de l’héritage africain dans l’histoire du Brésil. Il comprend également un Pavillon Japonais, le Planetário (premier Planétarium en Amérique Latine), le Musée de l’Astronomie, la Biennale Internationale d’Arts de São Paulo (Fundação Bienal), et l’étonnant Pavillon Oca en forme de demi-sphère qui propose des galeries d’expositions thématiques. Enfin, l’intérêt architectural de la Grande Marquise ne se dément pas, de même que celui de l’Auditório, salle de concert surmontée d’un étrange auvent rouge en forme de vague - ou de langue, c’est selon - qui ne laisse pas indifférent. Ses lacs et ses espaces arborés appellent à la douceur de vivre et produisent un effet d'apaisement et de détachement total de l'agitation de la ville. Sachez enfin que le parc dispose de restaurants.
Aux abords, le Monumento Às Bandeiras impose sa silhouette massive. Cette impressionnante sculpture de 50 mètres de long dédiée aux Bandeirantes, métis explorateurs du XVIIème siècle, représente une suite de personnages gravés dans le granit, et qui semblent se projeter en avant.
Le quartier Jardins doit son nom aux cités-jardins anglaises du XIXème siècle. Il est réputé pour ses édifices luxueux et ses jardins arborés. L’atmosphère y est très agréable, à l’opposé de l’image qu’on se fait de la turbulente Sampa. Les restaurants y ont pour la plupart un cachet bien particulier. Les boutiques de mode y abondent. La flânerie y est très agréable avant de se replonger dans l’agitation de la ville avec ses avantages et ses inconvénients. Deux musées mitoyens lui confèrent de surcroît une dimension culturelle : le Museu da Imagem e do Som qui présentent des expositions tournant essentiellement autour du 7ème art, et le Museu Brasileiro da Escultura, qui abrite sous sa silhouette massive de bunker diverses sculptures et peintures.


Quartiers Pinheiros et Vila Madalena

Il s’agit des quartiers branchés et bohèmes de Sampa. Très prisés par les étudiants, la qualité de vie y est indéniable et l’insécurité peu présente par rapport au reste de la ville. La vie nocturne y est trépidante, et les terrasses des bars ne désemplissent pas. Les maisonnettes et les rues courbes en pente sont pétries de charme. Des graffitis égayent les murs. Les ateliers et galeries d’arts sont également nombreux. L’Instituto Cultural Tomie Ohtake, étrange gratte-ciel rayé de bleu et de rouge, domine les lieux de sa silhouette aux courbes déconcertantes. Il propose des expositions sur les arts plastiques.
Ce sont les derniers quartiers de São Paulo que nous avons visités avant de quitter la ville et le pays le soir même. Et c'est surtout l’endroit qui nous a le plus séduit. Nous étions tellement pris par cette ambiance bohème et cette douceur de vivre que nous n’avons pensé à sortir les appareils photos que vers la fin de notre balade, ce qui explique la faible quantité de clichés concernant Pinheiros et Vila Madalena dans la rubrique «Nos photos – Brésil». Mais cela explique surtout que cette atmosphère est vraiment prenante et nous happe dès qu’on pénètre dans cette partie de la ville. Finalement, nous avons fait le bon choix, car il était idéal de finir sur cette impression. Nous avons ainsi quitté Sampa sur une note positive.


Publié le 27 avril 2016